2. Le contexte pédagogique
Freinet constitue son mouvement dans un contexte historique où la question pédagogique a pris une grande importance. Tout d'abord, depuis la Révolution française, Voltaire et Rousseau, l'enfance est devenue un enjeu politique important, un gage de société. Ensuite, on sait désormais ce que peut faire l'éducation, et le xixe siècle et le début du xxe verront surgir de multiples « écoles nouvelles », et de nombreux instituts d'études de l'enfance, dans toute l'Europe ainsi qu'aux États-Unis et en Union soviétique. Les sciences humaines émancipées de la philosophie – psychologie, sociologie, pédagogie –, sont au cœur de cette révolution : citons Johann Heinrich Pestalozzi, Maria Montessori, John Dewey, Anton Makarenko. L'hypothèse est que des enfants « instruits » et éduqués différemment feront une société différente. Enfin, la mutation mondiale, on parle déjà de « globalisation », est en cours, et l'Europe est colonialiste, guerrière, et la France en particulier sort de la « grande guerre ». Incorporé en 1915, Freinet a connu l'horreur des tranchées jusqu'en 1917 et l'offensive du Chemin des Dames ; il en revient blessé, handicapé, et pacifiste militant. Il sera très vite soutenu par Barbusse.
En 1922, il est à Altona, près de Hambourg, chez les « maîtres libertaires », en 1925 en U.R.S.S., où il rencontre la femme de Lénine. Ses premiers compagnons et lui sont avides de connaissances et de méthodes. Ils iront les chercher dans les pédagogies novatrices, partout où elles sont.
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