2. Répartition et importance
• Âge des bassins houillers
On connaît des sédiments charbonneux dès le Protérozoïque, mais il n'y a pas de dépôts houillers importants dans les formations anciennes. Seule la shungite de la région du lac Onega est assez abondante pour avoir été exploitée pendant la guerre pour chauffer les locomotives d'une ligne de chemin de fer soviétique.
L'absence de gisements houillers dans ces formations, estime-t-on généralement, est liée à l'absence de végétation continentale aux époques correspondantes, mais cette notion est de plus en plus remise en question par les découvertes récentes.
Quoi qu'il en soit, c'est seulement à la fin du Dévonien et surtout au Carbonifère qu'on commence à en trouver des quantités industrielles. Il existe ensuite des gisements houillers à toutes les époques, mais les plus importants sont localisés dans le Crétacé terminal et le Cénozoïque (fig.3).
On remarquera que les maxima d'accumulation du charbon, au Carbonifère et au Permien d'une part, au Cénozoïque d'autre part, correspondent aux grandes orogenèses hercynienne et alpine. Comme on l'a vu, en effet, l'explication de la roche charbon ne doit pas être recherchée dans un prétendu gigantisme de la flore. Le problème est plutôt de savoir pourquoi ce matériel végétal n'a pas été détruit, comme il l'est habituellement, mais a été conservé dans le sol jusqu'à nos jours. Or, au cours des orogenèses, en même temps que s'élevaient des montagnes se creusaient des dépressions, des bassins de subsidence dans lesquels s'accumulaient au fur et à mesure les sédiments provenant de l'érosion, suivant le rythme décrit plus haut. Et c'est parce qu'il y avait à ces époques de tels bassins de subsidence aptes à emmagasiner les sédiments végétaux que l'on y trouve aujourd'hui les bassins houillers.
Quant aux tourbes qui se déposent de nos jours, rien ne prouve qu'elles seront épargnées par l'érosion.
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