Réduit chrétien de l'Espagne cantabrique au haut Moyen Âge, d'où partit la reconquête du León et de la Vieille-Castille, cette communauté autonome réduite à une seule province a conservé une forte personnalité historique et géographique. Entre les moyennes montagnes du Pays basque à l'est et les surfaces mamelonnées de Galice à l'ouest, la chaîne Cantabrique dresse en arrière du littoral une barrière continue de près de 2 000 mètres d'altitude, obstacle physique (frontière climatique) et humain (un seul passage important, Pajares, à 1 360 m). À l'est, le haut massif de calcaire carbonifère des Picos de Europa (Torre Cerredo, 2 648 m) porte une forte empreinte glaciaire, tandis qu'au centre et à l'ouest les quartzites et les calcaires paléozoïques, arqués autour de la cuvette d'Oviedo et affouillés par les torrents bien alimentés de ce grand versant orographique, dessinent un relief de crêtes appalachiennes. En avant, un alignement de hauteurs prélittorales isole un sillon prémontagnard d'une côte à rias où subsiste une plate-forme d'abrasion marine bien développée (la rasa). Le climat et la végétation sont ceux d'un versant atlantique bien exposé (plus de 1 m de pluie par an), où dominent le chêne, le hêtre et la prairie.
L'agriculture a sérieusement ressenti les effets de l'adhésion de l'Espagne à la Communauté européenne du fait de sa spécialisation laitière, même si la production laitière des Asturies est la première d'Espagne. Comme au Pays basque, l'industrie est de loin la première activité ; elle est fondée sur le plus important bassin houiller d'Espagne, malgré la fermeture de nombreux puits depuis les années 1980, qui s'étend dans les vallées montagnardes du Nalón et de ses affluents (Aller, Caudal et Trubia). En partie exporté par les ports d'Avilés et de Gijón, ce charbon a surtout permis, à la fin du xiie siècle, l'installation d'une puissante sidérurgie, utilisant du fer importé, à Mieres et à La Felguera, à laquelle se sont jointes les industries mécaniques, de la chimie et du verre (Oviedo). En même temps que l'exploitation du fer asturien, elle s'est fixée sur le littoral, faisant d'Avilés l'un des premiers complexes sidérurgiques d'Espagne, et des Asturies l'une des premières régions productrices de fer et d'acier. Si l'arrière-pays montagneux continue de se dépeupler, c'est le littoral qui concentre actuellement les hommes et les activités (Gijón, 277 897 hab. en 2006, et Avilés, 83 320 hab. en 2008). Oviedo (223 113 hab. en 2008), la capitale, spécialisée dans le tertiaire, est un carrefour entre les régions minières et sidérurgiques.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



