La spécificité des Basques, à travers les siècles et encore de nos jours, se fonde sur leur culture. Cette dernière s'appuie, au premier chef, sur la langue basque, ou euskara, qui actuellement est parlée au plus par le quart de la population, mais on en retrouve les traces dans la topographie, la toponymie, les patronymes, voire les noms de maisons. D'autres traits de cette culture se retrouvent dans les chants et les danses.
L'origine de la langue basque est mal connue et les hypothèses sur les racines des Basques innombrables. Ce qui est certain, c'est que cette langue n'est pas issue du tronc commun latin qui est à l'origine des langues environnantes et que la survie d'une ethnie basque est due au premier chef à la faible romanisation du Pays basque. Rome parvient à établir sa domination politique mais non à imposer sa culture. Les invasions « barbares » qui détruisent l'Empire romain contribuent à leur façon à maintenir la spécificité basque en éliminant une emprise politico-culturelle qui, à la longue, aurait été un facteur d'assimilation.
On peut parler d'un « miracle basque », du fait du maintien d'une langue ancestrale et d'une conscience basque, malgré la position géographique du Pays basque, lieu de passage de multiples invasions et aussi de migrations plus pacifiques comme le pèlerinage médiéval qui draine des foules de toute l'Europe vers Saint-Jacques-de-Compostelle.
Cet isolat culturel basque n'a pas été davantage affecté par le fait que, de nos jours, le Pays basque est à cheval sur deux États, la France et l'Espagne, et que, au Moyen Âge, ce même Pays basque se partageait entre le royaume indépendant de Navarre, la couronne de Castille et même le royaume d'Angleterre, à la suite du mariage en 1152 d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri Plantagenêt. Bien plus, jamais dans l'histoire une même unité politique n'a rassemblé les trois provinces basques françaises : Labourd, Basse-Navarre et Soule, avec les quatre provinces basques espagnoles : Alava, Biscaye, Guipuzcoa et Navarre. De même, […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 20 pages…



