Toute maladie infectieuse résulte d'une contamination microbienne de l'organisme affecté par cette maladie. Ce dogme épidémiologique n'a jamais été mis en défaut depuis les recherches dont Robert Koch et Louis Pasteur ont été les protagonistes.
La méthodologie scientifique qu'ils ont utilisée comportait obligatoirement une étude de pathologie expérimentale : comment régissaient les « cobayes » ? S'ils restaient indemnes, c'est qu'ils étaient protégés par une immunité naturelle faisant barrière à l'infection.
Lorsque l'encéphalopathie spongiforme bovine (E.S.B.), dite maladie de la vache folle, apparut en 1985 au Royaume-Uni, l'importance de cette épizootie inquiéta les scientifiques : il s'agissait d'une maladie nouvelle pour laquelle on ne savait pas si la barrière d'espèce entre l'homme et cet agent bovin pouvait être aussi efficace que dans le cas de la tremblante du mouton pour laquelle la barrière exercée par l'espèce humaine vis-à-vis de l'agent pathogène n'avait, semblait-il, jamais été mise en défaut.
Dès 1990, avec la constatation que l'agent bovin franchissait facilement les barrières d'espèces dans les conditions naturelles comme dans les conditions […]
