C’est en 1897 qu’un médecin hollandais, C. Eijkman a fait disparaître, à Java, chez les consommateurs de riz poli (dépourvu de l’enveloppe du grain), un syndrome neurologique appelé béri-béri, en introduisant dans leur alimentation du son de riz. Il avait préalablement guéri de même des pigeons nourris eux aussi de riz poli. Le son de riz contenait donc un facteur nutritionnel sans lequel apparaissait une maladie dite carentielle. Eijkmann a ainsi démontré expérimentalement qu’à côté du rôle nocif de germes « microbiens » défendu par Louis Pasteur, pouvaient exister des maladies provoquées par le manque de facteurs nutritionnels indispensables : F. G. Hopkins les qualifia de « facteurs accessoires de croissance » mais C. Funk, après avoir isolé le facteur antibéribérique en 1910, nomma « vitamine » cette molécule anticarentielle (vitamine B). Le béri-béri était donc la première avitaminose connue. D’autres furent découvertes ensuite, toujours causées par l’insuffisant apport alimentaire d’un facteur nutritionnel. Celui-ci constitue, dans la quasi-totalité des cas, un cofacteur (coenzyme) indispensable aux réactions chimiques du métabolisme.
Marc PASCAUD
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