2. Civilisation
• Le roi et les institutions publiques
Au début du IIe millénaire, la ville d'Assour est soumise théoriquement à la royauté du dieu homonyme ; de fait, elle est régie par son vicaire, le roubou (« Grand ») ; probablement élu, il gouverne avec l'appui de la bourgeoisie commerçante, rassemblée dans la guilde du karoum. Jusqu'au xviiie siècle, le monde assyrien est connu presque exclusivement par des sources extérieures, les « tablettes cappadociennes » émanant de marchands établis en Anatolie. Le seul site de Kanesh en a livré à ce jour plus de 16 000. Les principautés anatoliennes, asianiques, ont accueilli avec faveur les colons assyriens, grands importateurs de métaux et de tissus. Le karoum de chaque colonie jouit, à l'égard du prince autochtone, d'une large autonomie et règle, sous le contrôle de la cité mère, Assour, les litiges opposant ses membres. À côté d'innombrables actes témoignant de l'intensité des échanges commerciaux, on connaît trois fragments de « décrets » (tashimtoum) organisant la juridiction du karoum de Kanesh : le tribunal est composé tantôt de trois sections de marchands statuant à la majorité sous la présidence du chef de la cité, tantôt par l'assemblée plénière des colons, convoquée par les notables.
Le prince assyrien voit croître son autorité au début du xviiie siècle sous Shamshi-Adad Ier, qui se proclame déjà « roi de la totalité », et surtout au xive siècle lorsque Assour-ouballith Ier forme le premier empire assyrien. Fort dans les pays conquis, le pouvoir du roi demeure limité, en Assyrie même, par l'aristocratie militaire, la classe sacerdotale et la bourgeoisie des grandes villes commerçantes. La désignation du prince héritier, qui n'est pas nécessairement le fils aîné, se fera toujours avec l'approbation, au moins formelle, de l'assemblée des guerriers. La légitimité mystique du prince résulte d'une demande présentée au dieu, qui répond par un oracle. Le peuple accepte cette décision dans un serment de fidélité. Un rituel a conservé les cérémonies de l'onction et du cour […]
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