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ASOKA ou AÇOKA (~ IIIe s.)

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2.  La geste d'Aśoka

La geste d'Aśoka, où le merveilleux est souvent greffé sur des faits historiques, a inspiré la littérature et la sculpture narratives. 

Selon les bas-reliefs du Gandhāra et du pays andhra qui illustrent les textes bouddhiques, sa naissance aurait été prophétisée par le Bouddha lui-même à son disciple Ānanda alors que, pénétrant dans la ville de Rājagriha pour y mendier leur nourriture, deux enfants sur leur passage interrompirent leurs jeux. Dans l'offrande d'une poignée de terre que l'un d'eux, Jaya, lui fit avec respect, le Bouddha vit la promesse des 84 000 stūpa qui lui seraient consacrés plus d'un siècle après par cet enfant renaissant sous les traits du grand roi Aśoka.

Cependant, dès cette naissance, son corps « rude au toucher » déplut si fort au roi Bindusāra, son père, que sa mère dut se sauver pour le cacher. Mais le devin Pingalavatsa avait confirmé sa destinée royale. Plus tard, il sera choisi pour aller réprimer la révolte du Panjāb. Disposant de moyens matériels très faibles, mais divinement secouru, il opère, par sa seule présence, la pacification. À la mort de son père, il s'élance du pays d'Avanti qu'il gouvernait vers Pāṭaliputra où les ministres le reconnaissent comme roi du Magadha. Son frère aîné, Susīma, revendique le pouvoir, mais, en tentant de forcer l'entrée de la ville, il tombe dans le piège qui lui est préparé et meurt consumé dans un brasier. Or, de ses seize femmes, le roi Bindusāra avait eu cent un fils, et la légende attribue à Aśoka l'extermination de tous ses autres frères, à l'exception de son cadet, Tissa. Et pour mieux justifier son titre de Candāśoka, « Aśoka le Cruel », il s'y ajouterait le meurtre de cinq cents ministres et de cinq cents concubines !

Alors, maître absolu du pouvoir, il choisit pour Premier ministre Radhagupta, réincarnation de l'enfant qui, se tenant près de Jaya lors du « don de la terre », avait été reconnu par le Bouddha comme le dépositaire de cette fonction future. Ainsi s'accomplissait la prophétie !

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