Plus que toute autre tradition bouddhique, la tradition concernant les conciles, du moins les premiers d'entre eux, est suspecte. Les sources à ce sujet sont constamment en désaccord, altérées par le merveilleux et l'invraisemblable. Et, surtout, elles ont été manipulées par les diverses écoles qui ont cherché, par là, à s'assurer une ancienneté qu'elles n'avaient pas, ou à authentifier des thèses nouvelles.
Le premier concile est celui de Rājagriha, qui fut réuni un an après la mort du Buddha par son grand disciple Kāshyapa. Le lieu exact, grotte ou monastère, en est incertain. Les participants étaient au nombre de quatre cent quatre-vingt-dix-neuf, puis de cinq cents avec l'entrée d'Ānanda, qui avait été d'abord exclu, car il n'avait pas atteint l'état d'arhat ; cette lacune comblée, il fut admis parmi ses pairs et récita les sūtra, tandis qu'Upāli faisait de même pour le vinaya. On prétendit qu'Ānanda récita déjà à cette occasion l'abhidharma. Les moines réunis à Rājagriha firent une série de reproches à Ānanda, l'accusant notamment de ne pas avoir gardé en mémoire les prescriptions mineures que le Buddha voulait abolir, d'avoir marché sur la […]
