Les arts sont les témoins des civilisations et sont, comme elles, largement façonnés par le contexte géographique et historique qui les voit naître et se développer. La musique anglaise n'échappe pas à cette loi.
Protégée de l'influence immédiate de ses voisins les plus proches par l'existence entre elle et eux d'un bras de mer, c'est en son propre terroir que la Grande-Bretagne va d'abord tout naturellement puiser les éléments de son patrimoine musical. C'est aussi grâce à son isolement relatif que vont fleurir sur son sol des formes – vocales ou instrumentales – qui lui sont propres, et des genres qui, importés de l'étranger, revêtent aussitôt la marque de son génie national.
Mais l'histoire a ici autant, et même plus encore, d'importance. La richesse et la diversité du folklore musical britannique, la place prise dans l'école anglaise par la musique sacrée, l'alternance des ères d'abondance et de pénurie sont issues de facteurs liés, dans le premier cas, à des apports ethniques successifs, dans le deuxième, à une histoire religieuse compliquée, dans le troisième enfin, à des vicissitudes politiques et culturelles aux conséquences inéluctables.
Ainsi la production musicale anglaise est marquée, tout au long des siècles, par les conditions particulières dans lesquelles s'est développée la société dont elle est le reflet, à l'intérieur de ses limites maritimes comme dans le cheminement de son devenir.
1. Des origines à la fin du Moyen Âge
Les premières manifestations de la musique anglaise se perdent dans la nuit des temps. Ce qui est probable, sinon certain, c'est qu'en Grande-Bretagne comme ailleurs la monodie a précédé la polyphonie, encore que l'une et l'autre aient pu très tôt coexister.
En outre, le chant grégorien, expression privilégiée de la liturgie chrétienne, fut assurément une source inépuisable d'inspiration et d'emprunts pour les formes profanes de la monodie, chanson populaire ou mélodie savante. L'évangélisation de l'Angleterre par Augustin de Canterbury et ses moines à la fin du vie siècle fut bien évidemment déterminante à cet égard […]
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