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MALRAUX (A.)

Depuis sa mort, il n'est guère possible de traiter d'André Malraux sur le ton mesuré qui convient. Peu d'hommes auront été tour à tour aimés ou détestés avec tant de passion. L'heure de la synthèse posthume, de la dernière métamorphose n'est pas encore venue. Pour une part, Malraux est entré dans ce purgatoire – dans ces limbes, aurait-il dit – qui guettent à leur mort les grands écrivains d'une génération pour laquelle rien n'était plus grand que le grand écrivain. Comme Drieu la Rochelle, son quasi-jumeau, comme Montherlant, Aragon, Morand, ses illustres contemporains, Malraux s'éloigne peu à peu de l'actualité et de la modernité. Le silence et l'oubli n'épargnent pas celui qui tint pendant cinquante ans le devant de la scène, donnant au siècle sa légende. Peut-être est-il trop tôt pour considérer seulement Malraux comme l'auteur de trois ensembles organisés de textes : les romans, tels qu'il les a choisis et limités pour la Bibliothèque de la Pléiade, tous écrits entre 1928 et 1937 ; l'ensemble des écrits sur l'art, que dominent Les Voix du silence (1951) et La Métamorphose des dieux (1957-1976) ; Le Miroir des limbes, réunissant les textes du mémorialiste, miroir d'une histoire et de l'Histoire. Restent toutes les traces d'une activité fébrile : préfaces, allocutions, écrits de circonstances, entretiens innombrables qui avaient le secret de donner du talent à l'interlocuteur. La postérité ne s'est pas souciée de les réunir pour donner à voir, pièces en main, l'itinéraire du « plus fascinant personnage de la littérature contemporaine », au dire de Jean-Luc Godard (1958).

« Une vie dans le siècle », selon le sous-titre de la meilleure biographie qui lui ait été consacrée, mais sans doute plus d'une : Jean Lacouture a esquissé les vies successives ou parallèles de Malraux ; il a aussi mesuré la part d'ombre que son héros oppose à l'enquête biographique. On ne sait autant dire rien de l'enfance, des relations avec la famille, des choix amoureux, de la profondeur des [...]

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Pour citer cet article

LECARME, « MALRAUX (A.)  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le  . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/andre-malraux/

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Écrit par :  Florence BRAUNSTEIN

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D'abord publiés chez Skira en trois volumes, parus de 1947 à 1949, intitulés Psychologie de l'art – Le Musée imaginaire, La Création artistique, La Monnaie de l'absolu –, les grands textes sur l'art d' André Malraux (1901-1976) , recomposés et retouchés, deviennent, en 1951, chez Gallimard, un imposant livre… Lire la suite
ACADÉMIE DE FRANCE À ROME

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Dans le chapitre "Une difficile reconversion"  : …  d'ailleurs fort libéral du musicien J. Ibert (1937-1961, avec une interruption sous le régime de Vichy). Il revint à André Malraux, comme en bien d'autres domaines, d'en fixer les orientations. Ce fut tout d'abord, au terme d'un retentissant conflit d'autorité qui opposa le ministre à l'Institut, la nomination au poste de directeur d'un… Lire la suite
ART (L'art et son objet) - La reproduction en art

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Dans le chapitre "Reproductions et « musée imaginaire »"  : …  de l'exactitude photographique et ceux de l'impression industrialisée permirent une diffusion des reproductions d'œuvres d'art sans commune mesure avec ce qu'elle avait été au cours des siècles précédents. André Malraux, dans Le Musée imaginaire, 1947, résuma cette mutation d'une formule : « les arts plastiques ont inventé leur imprimerie… Lire la suite
BARRAULT JEAN-LOUIS (1910-1994)

Écrit par :  Raymonde TEMKINE

Dans le chapitre "L'incarnation même du théâtre"  : …  En 1959, un ministère de la Culture est créé, et attribué à André Malraux. Celui-ci nomme Barrault à la direction de l'Odéon, qui s'appelle désormais le Théâtre de France. Années fastes pour le théâtre comme pour lui. Marigny l'avait sacré vedette, le Théâtre de France fait de lui un personnage officiel, qui sera également… Lire la suite
CINÉMA (Aspects généraux) - L'industrie du cinéma

Écrit par :  Pierre-Jean BENGHOZIDaniel SAUVAGET

Dans le chapitre "La longue marche vers une politique du cinéma"  : …  Par ailleurs, le cinéma est une industrie. » La phrase de Malraux si souvent citée n'est, en réalité, que la conclusion en forme d'esquive d'une étude d'esthétique parue en 1946 (Esquisse d'une psychologie du cinéma) qui, précisément, s'abstient d'aborder la question économique. Malgré son apparente indifférence aux contingences… Lire la suite
LA CONDITION HUMAINE, livre de André Malraux

Écrit par :  Florence BRAUNSTEIN

Après Les Conquérants (1928) et La Voie royale (1930), La Condition humaine (prix Goncourt 1933) est le dernier volet d'un cycle romanesque inspiré à Malraux par ses séjours en Indochine dans les années 1920. Loin d'être seulement une fresque historique de… Lire la suite
CULTURE - Le choc des cultures

Écrit par :  Jean-François MATTÉI

Dans le chapitre "La fin de la culture"  : …  ». La politique ministérielle était bien fondée sur une volonté de « démocratisation de la culture », bien qu'André Malraux n'ait jamais utilisé une telle expression. Le décret du 24 juillet 1959 lui donnait en effet pour mission de « rendre accessibles les œuvres capitales de l'humanité, et d'abord de la France, au plus grand nombre possible… Lire la suite
ENGAGEMENT

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Dans le chapitre "Le culte de l'action "  : …  des expériences surréalistes. C'est elle qui a aussi poussé de nombreux écrivains, comme Malraux, à étendre sans cesse leur champ d'expériences. Cette conviction implicite que l'écrivain ne peut bien parler que de ce qu'il connaît pour l'avoir éprouvé et vécu est à l'origine de la surabondance des Mémoires, des journaux intimes, des… Lire la suite
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FRANCOFONIA. LE LOUVRE SOUS L'OCCUPATION (A. Sokourov)

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Clara Goldschmidt, née en 1898 dans une famille de la bourgeoisie juive de Magdebourg établie à Paris, reçoit une éducation bourgeoise mais peu conventionnelle : à vingt-deux ans, elle rencontre, au local de la revue anarchisante Action, un jeune homme aux yeux et aux idées flottants pour lequel, écrira-t-elle dans… Lire la suite
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« J'ai dit à Picasso que le vrai lieu du Musée imaginaire est nécessairement un lieu mental » (La Tête d'obsidienne, Paris, 1974) : paraphrasant à son insu sans doute Léonard de Vinci pour qui « la peinture est chose mentale » (cosa mentale), Malraux se plaît à rappeler cette… Lire la suite
MUSÉES PERSONNELS

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ŒUVRE D'ART

Écrit par :  Mikel DUFRENNE

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REPRODUCTION DES ŒUVRES D'ART - Copie et reproduction depuis la Renaissance

Écrit par :  Jacques GUILLERME

Dans le chapitre "Le Musée imaginaire"  : …  jeux d'agrandissement abolissent radicalement toute échelle, et de ce fait, comme le dit Malraux, « la reproduction a créé des arts fictifs, en faussant systématiquement l'échelle des objets, en présentant les empreintes des sceaux orientaux comme des estampages de colonnes, des amulettes comme des statues ; l'inachevé de l'exécution dû aux… Lire la suite
THÉÂTRE OCCIDENTAL - Théâtre et politique culturelle

Écrit par :  Robert ABIRACHED

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THÉÂTRE OCCIDENTAL - L'École du spectateur

Écrit par :  Dominique PAQUET

Dans le chapitre "De l'idéologie aux dispositifs"  : …  des œuvres capitales de l'humanité mais « surtout pas comme à l'école », dira André Malraux. Celui-ci conçoit en effet la rencontre avec l'art comme une sorte de révélation devant la beauté, un moment mystique qui prélude à la connaissance alors que dans l'éducation populaire, le contenu est savant, le modèle pédagogique.… Lire la suite

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