Le droit de vote est une prérogative essentielle des citoyens dans un régime démocratique. On appelle participation électorale le fait de l'exercer dans les bureaux de vote ou par correspondance. L'abstentionnisme est l'attitude inverse de ceux qui s'abstiennent d'exercer leur droit de vote. Les électeurs régulièrement inscrits sur les listes électorales qui ne prennent pas part au scrutin sont recensés comme abstentionnistes. On qualifie de non-inscrits les citoyens qui se trouvent privés de leurs droits politiques du fait d'un défaut d'inscription. Leur nombre, en France, est évalué en 2005 à environ 9 p. 100 des électeurs potentiels (environ quatre millions de citoyens français disposant de leurs droits politiques). L'abstentionnisme se définit et se mesure donc de deux manières : au sens restreint, il est calculé par rapport aux inscrits ; au sens large, il inclut les non inscrits.
La plupart des citoyens participent de manière plus ou moins régulière aux élections. Toutefois, certains d'entre eux sont parfois empêchés ou ne se sentent pas suffisamment concernés pour prendre la peine de se déplacer. D'autres choisissent délibérément de s'abstenir pour des motifs politiques, par exemple parce qu'ils veulent exprimer un mécontentement ou parce qu'aucun candidat ne leur convient. Mais des électeurs choisissent aussi d'exprimer des sentiments comparables par l'intermédiaire de votes « blancs » ou « nuls », ou en se prononçant en faveur de partis protestataires. La participation et l'abstention peuvent ainsi revêtir, selon les cas, des significations opposées ou proches.
De nombreuses enquêtes ont montré que l'abstentionnisme électoral était lié à un grand nombre de facteurs différents. Diverses traditions d'explication ont mis l'accent sur certains de ces facteurs. Il faut dépasser ces oppositions pour mieux expliquer ce phénomène social complexe et pour comprendre les raisons de sa progression dans la période contemporaine.
1. La variation des niveaux de participation électorale
• Variations nationales
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