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Écrit par : Dominique FOURNIER
Au regard de ce qu'il a toujours représenté, pour les sociétés opulentes comme pour les groupes les moins favorisés, il est permis de se demander pourquoi les anthropologues ont tellement tardé à s'intéresser de près au fait alimentaire. Était-ce parce que, tout à leur souci de constituer leur discipline en science véritable, ils jugeaient un suje ... Lire la suiteÉcrit par : Serge BAHUCHET
L'homme, animal lui-même, a depuis ses origines une vie commune avec les autres animaux. Aussi loin que remontent les vestiges humains et préhominiens dans les sites archéologiques, des ossements animaux leur sont associés : les Australopithèques, il y a 3 millions d'années, mangeaient de la viande, Homo habilis (2 Ma) chassait et fabriqu ... Lire la suiteÉcrit par : Jean CAZENEUVE
L'adjectif « archaïque » est de plus en plus employé pour qualifier un état de civilisation qu'on appelait autrefois « primitif », parce que ce dernier terme semblait impliquer, d'une part un certain jugement de valeur, et d'autre part une conception évolutive déterminée. Au sens strict, l'archaïsme serait propre aux temps préhistoriques. Mais, en ... Lire la suiteÉcrit par : Jean CAZENEUVE
Le mot « civilisation » est employé en des sens très variés et souvent fort imprécis. D'une manière générale, on peut classer sous trois rubriques les significations qui lui sont attribuées explicitement ou implicitement. Premièrement, dans le langage le plus courant, le terme de civilisation est associé à un jugement de valeur et qualifie favorab ... Lire la suiteÉcrit par : Gisèle SAPIRO
Si elles supposent toutes un système symbolique de représentations et de pratiques, les définitions de la notion de culture s'inscrivent dans une double tension : entre une acception universelle qui l'oppose globalement à la nature et un sens relativiste désignant les mœurs et coutumes des peuples ; entre un usage restreint aux œuvres d'art reconn ... Lire la suiteÉcrit par : Pierre KAUFMANN
En septembre 1914, accordant au ton de la propagande de guerre l'anathème jeté par Luther sur l'universalisme romain et renouvelé par Herder sur la philosophie des Lumières, Thomas Mann posait en principe, dans la Neue Rundschau, l'antagonisme de la « culture » allemande et de la « civilisation » française. « Civilisation et culture, expl ... Lire la suiteÉcrit par : Jean-François MATTÉI
La crise de la culture, qui touche à sa définition, à sa transmission ou aux obstacles qu'elle rencontre, a pris aujourd'hui l'allure d'un lieu commun. Celui-ci est la manifestation abstraite de la crise de confiance que traverse l'Europe depuis les deux guerres mondiales. Les difficultés politiques rencontrées par sa construction, dont témoigne s ... Lire la suiteÉcrit par : Jean-François MATTÉI
Dans le chapitre La multiplicité des culturesPour comprendre l'état présent de la culture, et trancher en connaissance de cause entre les critiques qui la défendent et celles qui l'accablent, il faut lever les équivoques attachées à ce mot et s'entendre sur la chose elle-même. De quoi parlons-nous quand nous nous préoccupons de culture, que ce soit dans le ministère qui lui est consacré, dan ... Lire la suite
Écrit par : Xavier ROZE
Notion désignant les espaces géographiques où se sont diffusés les mêmes éléments culturels et où les différents peuples adoptent des coutumes et des modes de vie semblables ou apparentés. Afin de délimiter les aires culturelles, l'anthropologue américain Clark Wissler (1870-1945) a procédé à la classification des éléments culturels en différentes ... Lire la suiteÉcrit par : Françoise ARMENGAUD
« Étant donné que la culture s'acquiert par apprentissage, les gens ne naissent pas Américains, Chinois ou Hottentots, paysans, soldats ou aristocrates, savants, musiciens ou artistes, saints, chenapans ou moyennement vertueux : ils apprennent à l'être. » Ce propos de T. Dobzhansky (1966) caractérise assez complètement la conception moderne de la ... Lire la suiteÉcrit par : Gilbert DURAND
Au premier abord, le symbolisme des eaux semble le type même du symbolisme pluriel, voire du rassemblement de symboles contradictoires : Bachelard a bien montré dans un essai célèbre, L'Eau et les rêves, combien les axes de symbolisation proposés par l'élément liquide étaient divergents. À l'eau calme s'oppose l'eau rapide comme à l'étang ... Lire la suiteÉcrit par : Raymond William FIRTH
Dans le chapitre Valeurs et vision du mondeDe tout temps, les ethnologues ont étudié ce qu'on appelle les valeurs, mais sous diverses rubriques : croyances, idées ou institutions. Radcliffe-Brown, par exemple, a décrit la valeur sociale d'un phénomène tel que le feu chez les Andamanais. Plus tard, C. et ses collaborateurs firent des études comparées sur les valeurs parmi plusieurs sociétés ... Lire la suite
Écrit par : Gilbert DURAND
La réflexion sur le symbolisme du feu a été décisive pour les travaux de la poétique, de la symbologie et même de l'épistémologie contemporaine. Par son ouvrage, paru juste avant la guerre, La Psychanalyse du feu (1938), Gaston Bachelard esquissait pour la première fois une étude « refusant le plan historique » et se référant aux structur ... Lire la suiteÉcrit par : Geza de ROHAN-CSERMAK
Dans quelle mesure existe-t-il une ethnologie et une sociologie du jeu ? Quelles sont leurs bases et leurs limites ? Biologistes et psychologues présentent de multiples arguments pour justifier l'hypothèse d'un instinct et d'un besoin de jeu qui meuvent le corps humain avec la même force que les instincts et besoins alimentaires, sexuels et créate ... Lire la suiteÉcrit par : Jacques EHRMANN
En tant que facteur de culture, le jeu est primordial. Un des premiers, sinon le premier, à s'en être aperçu et à s'être interrogé sur les fonctions anthropologiques du jeu est le critique hollandais J. Huizinga, dans son livre maintenant classique Homo ludens. Il ne retient pourtant qu'une caractéristique du jeu : son aspect de compétiti ... Lire la suiteÉcrit par : François BOURRICAUD
Au terme de « mœurs » sont associées deux sortes de significations, dont la cohérence et la précision diffèrent. D'abord, ce mot peut être pris pour synonyme de manière d'être, de faire, de sentir, de penser. Rapportées à un peuple ou à un individu, ces manières constituent un ensemble de traits distinctifs. Tacite parle ainsi des « mœurs des Germ ... Lire la suiteÉcrit par : Universalis
« Depuis qu'elles se savent mortelles, les civilisations ne veulent plus mourir. » Cette boutade est située, datée : elle reprend un mot de Paul Valéry sur l'Europe d'après 1918 et elle l'étend, elle le transforme pour l'appliquer à un monde en proie au péril atomique. Mais sa signification et sa portée ne sont pas que de circonstance. El ... Lire la suiteÉcrit par : Pascal BOYER
La plupart des cultures humaines se sont développées sans autres moyens de transmission de l'information que la parole humaine et sans autre moyen de stockage que la mémoire individuelle. Ce simple constat donne immédiatement une idée de l'ampleur du domaine qu'on circonscrit sous le nom de « tradition orale », et des problèmes que pose une telle ... Lire la suiteÉcrit par : Marie-Odile MÉTRAL-STIKER
Prolongement de la main de l'homme, l'outil est un moyen grâce auquel celui-ci peut transformer la nature. Tout se passe comme si la libération de la main venait compenser au centuple la force buccale que l'homme perd par rapport aux autres mammifères. L'outil, en effet, à la différence des organes, ne meurt pas avec l'individu ; il ne se transmet ... Lire la suiteÉcrit par : Brigitte MUNIER, Paul TEISSEIRE
Dans le chapitre Histoire d'une dialectiqueL'odorat génère des réactions ambivalentes attestées dès les premières traces de la culture humaine. Prisonnier de son olfaction, séduit par les parfums et capable d'en composer, l'homme tend à inverser la bestialité soupçonnée en l'usage de ce sens : le parfum fut très tôt le moyen d'honorer les divinités par l'onction de pierres votives et de st ... Lire la suite
Dans le chapitre La fonction sociale de l'odeur et du parfumLa chair est vaincue en vertu de l'antique pouvoir de métamorphose de l'odeur par le parfum, mais non sans paradoxe : le parfum réputé révéler l'intimité de la personne est artificiel ; senteur objective, produit acheté, il prétend à un usage subjectif, la séduction de soi-même et d'autrui. La stylisation, non plus contemplée, mais inhalée, exerce ... Lire la suite
Écrit par : Daniel de COPPET
Utilisé pour signifier la différence entre les groupes humains (et plus généralement la différence des types au sein d'une espèce animale quelconque), le mot « race » s'attache à des caractères apparents, le plus souvent immédiatement visibles. Les plus frappantes de ces différences sont chez l'homme la couleur de la peau, la forme générale du vis ... Lire la suiteÉcrit par : Claude LEFORT
Comme elle trouve son expression dans les actions effectuées par les sauvages, la sauvagerie est tributaire des aléas idéologiques de cette dernière notion au cours des siècles. De même que la barbarie fut une réaction pertinente de la culture gréco-latine (comme antithèse meurtrière de la civilisation), la sauvagerie est une invention de la Renai ... Lire la suiteÉcrit par : André AKOUN
Les hommes vivent en société. Or, lorsqu'il s'agit de le définir, cet espace familier, dans lequel s'inscrivent toutes leurs pratiques – individuelles ou collectives –, et toutes leurs représentations, révèle une opacité inattendue. L'analyse sociologique construit des niveaux de réalité sociale, des systèmes de relations : ordre du politique, de ... Lire la suite
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