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8-17 novembre 2022

France - Italie. Crise diplomatique entre Paris et Rome à la suite du débarquement à Toulon des passagers de l’Ocean Viking.

Le 8, le bateau Ocean Viking de l’ONG humanitaire SOS-Méditerranée et de la Croix-Rouge, qui a secouru deux cent trente-quatre migrants en provenance de la Libye en octobre, demande aux autorités françaises de lui assigner un port de débarquement. Il avait auparavant exprimé en vain la même demande aux autorités italiennes. Cependant, l’agence de presse italienne ANSA fait état de la décision du ministère français de l’Intérieur d’« ouvrir le port de Marseille » à l’Ocean Viking. Le gouvernement de Giorgia Meloni présente cette décision comme acquise et remercie la France de « partager la responsabilité de l’urgence migratoire ». Dans le même temps, deux autres bateaux humanitaires ont débarqué plus de six cent quatre-vingt-dix migrants dans des ports italiens. Quatre-vingt-cinq mille migrants sont arrivés en Italie par la mer depuis le début de l’année.

Le 9, le gouvernement français qualifie d’« inacceptable » l’attitude italienne et demande à Rome de respecter les règles européennes en accueillant le bateau qui se trouve dans ses eaux territoriales. Il rappelle au gouvernement italien qu’il est « le premier bénéficiaire d’un mécanisme de solidarité financier européen » à ce sujet. Il n’existe en revanche toujours pas d’accord sur la répartition des migrants entre les pays membres de l’Union européenne (UE).

Le 11, l’Ocean Viking est autorisé à accoster à Toulon (Var), après trois semaines d’attente en mer. Le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer Gérald Darmanin annonce « des conséquences extrêmement fortes sur la relation bilatérale » avec Rome et suspend « la relocalisation prévue au bénéfice de l’Italie de trois mille cinq cents personnes en France entre l’été 2022 et l’été 2023 », qui n’a concerné jusque-là que quelques dizaines de demandeurs d’asile. Il annonce également le renforcement des contrôles à la frontière italienne. Les passagers de l’Ocean Viking sont accueillis dans une « zone d’attente internationale » créée à Toulon et à Hyères (Var), mais virtuellement située hors du territoire national, de façon à faciliter les procédures d’éloignement de ceux qui ne seraient pas éligibles au dépôt d’une demande d’asile. Le gouvernement annonce que onze pays de l’UE participeront à la relocalisation de cent soixante-quinze migrants débarqués de l’Ocean Viking. L’opposition de droite et d’extrême droite dénonce la décision du gouvernement d’accueillir le navire humanitaire.

Les 16 et 17, la cour d’appel d’Aix-en-Provence rejette la plupart des demandes de maintien des migrants en zone d’attente pour des raisons de procédure. Seuls quatre des cent quatre-vingt-dix adultes concernés y sont encore maintenus. Les autres seront dirigés vers des centres d’accueil de demandeurs d’asile. La relocalisation qui peut leur être proposée ne présente pas de caractère obligatoire.

— Universalis

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