BUSON YOSA (1716-1783)

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La personnalité du style de Buson s'observe dans ses peintures à l'encre, telle Myriade de maisons un soir de neige, où l'on retrouve transmis par Sesshū, un écho du pinceau de Gao Kegong, et Corbeaux et Vautour, traitée au lavis, dans laquelle les formes noires des oiseaux se détachent grâce à un cerne blanc qui semble lui être tout à fait particulier. Buson n'avait jamais abandonné la poésie et présidait une société de haiku, le San-ka-sha. On peut ainsi suivre dans son œuvre littéraire comme dans sa peinture une évolution qui, de l'idéal plutôt bourgeois des poètes d'Edo, l'entraîna vers un retour aux sources et vers Bashō, créateur du genre. D'une spiritualité moins profonde que ce dernier, il possède un talent allusif, descriptif et nostalgique qui fait de lui le plus grand poète de son temps. C'est à ce moment qu'il crée le haiga, association de la peinture et du haiku, où apparaît un trait cursif qui traduit l'aisance de son pinceau. Pour lui, cette peinture cursive est l'expression même du haiku. Nous devons à cette tendance les paravents et les rouleaux où la transcription des récits de voyage de Bashō s'illustre de croquis rapides et empreints d'un humour qui annonce, avec plus de poésie, les œuvres de Hokusai. Le Chemin étroit dans un pays perdu (Oku no hosoi michi), le Voyage à travers les intempéries (Nozarashi ki-ko) sont, interprétés dans le goût de l'époque, l'expression du style narratif des Japonais, déjà manifeste dans les monogatari-e-maki des xiie et xiiie siècles. De même, Matahei, dont le poème cite les fleurs épanouies (des cerisiers) de Midoro (Takeo), évoque en quelques traits les hanami du xvie siècle.

Jusqu'à ses derniers instants, Buson poursuivit son œuvre. Il mourut le douzième mois de 1783, laissant un dernier poème : « Ah ! la nuit éclaircie par la blancheur des pruniers. »


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Écrit par :

  • : ancien maître de recherche au CNRS, professeure honoraire à l'École du Louvre, chargée de mission au Musée national des arts asiatiques-Guimet

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Pour citer l’article

Madeleine PAUL-DAVID, « BUSON YOSA - (1716-1783) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/yosa-buson/