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BUSON YOSA (1716-1783)

L'atelier de paravents

Ces paravents témoignent de la versatilité de Buson, ou, peut-être, de celle de sa clientèle. L'un des plus anciens (1763) Chevaux dans la campagne, évoque le style réaliste et coloré de Zhen Narping, peintre académique chinois que ses visites répétées à Nagasaki avaient rendu célèbre à travers tout le Japon. En 1764, dans Paysage à la manière de Mi Fu, il utilise le tachisme propre à ce maître des Song, tandis que, plus tardif, Voyage d'automne, dont le sujet est d'inspiration chinoise, révèle un sens aigu de la nature japonaise que l'on retrouve aussi dans Pavillon solitaire dans un bosquet de bambous et dans son pendant, Chevauchant à l'ombre des saules, aux teintes légères et transparentes. Ce sens du paysage japonais s'approfondit au cours d'un voyage effectué à Shikoku (1766-1768) et se révèle pleinement dans une de ses œuvres maîtresses, exécutée en collaboration avec le plus grand artiste de son temps, Ike-no-Taiga : l'illustration de Ju Ben Ju Gi (« les dix avantages et les dix plaisirs » de la vie de la campagne), poèmes de Li Liweng, inspirateur du Jardin du grain de moutarde. Dans le format réduit de ces feuilles d'album s'exprime, tant dans la peinture que dans la calligraphie, le romantisme poétique de Buson. Dès lors, ses œuvres se multiplient, témoins de l'essor tardif du peintre, et les paysages y tiennent une grande place. Aux grandes compositions, Retraite dans un bosquet de bambous ou Le Coucou, dans lesquelles sa maîtrise s'affirme, on peut préférer les œuvres de dimension plus restreinte : Pluie d'aube au printemps ou Soir dans la montagne glacée, dans lesquelles, selon l'expression de Suzuki Susumu, l'on sent la « peau » du Japon.

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Écrit par

  • : ancien maître de recherche au CNRS, professeure honoraire à l'École du Louvre, chargée de mission au Musée national des arts asiatiques-Guimet

Classification

Pour citer cet article

Madeleine PAUL-DAVID. BUSON YOSA (1716-1783) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • GOSHUN (1752-1811)

    • Écrit par Chantal KOZYREFF
    • 738 mots
    ...Matsumura Gekkei né à Kyōto eut pour premier maître un peintre assez obscur qu'il quitta très vite pour entrer, à l'âge de vingt ans, dans l'atelier de Yosa Buson (1716-1783), poète et personnalité marquante de l'école Bunjin-ga. Sous la direction de Buson, il s'initia à l'art du ...
  • JAPON (Arts et culture) - Les arts

    • Écrit par François BERTHIER, François CHASLIN, Universalis, Nicolas FIÉVÉ, Anne GOSSOT, Chantal KOZYREFF, Hervé LE GOFF, Françoise LEVAILLANT, Daisy LION-GOLDSCHMIDT, Shiori NAKAMA, Madeleine PAUL-DAVID
    • 56 170 mots
    • 35 médias
    ...calligraphie au Mampuku-ji, assimile l'esprit des Lettrés et traite avec un graphisme accru les paysages d'un Japon qu'il parcourt en tous sens. Yosa Buson (1716-1783), maître du haikai, rendra dans ce style nouveau l'essence de cette poésie allusive. Les deux artistes collaboreront, chacun avec...

Voir aussi