YE TING [YE T'ING] (1897-1946)

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Originaire d'un milieu paysan, Ye Ting naît au Guangdong, dans le district de Huizhou, non loin de Hong Kong. Assez tôt il choisit la carrière des armes. Il prépare l'Académie militaire de Whampoa et ne tarde pas à devenir chef de bataillon du Guomindang (GMD) en 1920, puis commandant de l'un des bataillons de la garde de Sun Yat-sen en 1921. L'année suivante, grâce à sa fonction, il permettra à Sun Yat-sen d'échapper aux rebelles de Chen Jiongming.

Après 1923, Sun Yat-sen ayant décidé d'opérer un rapprochement avec les communistes, de nombreux officiers du GMD sont envoyés en Union soviétique pour recevoir une formation militaire. Ye Ting est de ceux-ci. Il rencontre Nie Rongzhen à Moscou, où ont lieu les cours d'instruction, entre bientôt dans la branche moscovite du Parti communiste chinois (1925), puis séjourne à Berlin.

De retour en Chine, il est nommé chef de régiment et organise ses forces en recrutant bon nombre de cadets de Whampoa (notamment Lin Biao et Chen Yi). Il participe à l'« expédition du Nord », menée avec succès contre les militaristes féodaux, et joue un rôle important dans le ralliement du général Zhang Fakui et de la fameuse légion des « Côtes de fer ». L'écrivain Guo Moruo, commissaire politique du GMD durant l'expédition, rapporte dans ses relations la grande vaillance et les profondes ressources de Ye Ting qu'il surnomme Zhao Zilong, du nom d'un célèbre général du roman épique Les Trois Royaumes. La fin de l'expédition du Nord annonce la rupture entre Tchiang Kai-chek, qui dirige le GMD de droite, et Wang Jingwei, qui représente la faction de gauche ; le premier installe un gouvernement à Nankin, le second — « révolutionnaire » et légaliste — à Wuhan. Dorénavant, il devient évident que les deux camps du GMD sont prêts à s'affronter sur le terrain.

Les communistes vont alors lancer une suite d'aventures connues sous le nom de « révoltes de la Moisson d'automne ». Une assemblée secrète, à laquelle assistent Ye Ting, He Long, Zhou Enlai, Mao Zedong, Li Lisan, Zhang Guotao et quelques autres leaders communistes, décide de soulever soldats, ouvriers et paysans, dès que Tchiang Kai-chek entreprend la purge et la mise hors la loi des révolutionnaires. Ye Ting et He Long soulèvent leurs hommes à Nanchang, le 1er août 1927, contrôlent la ville trois jours puis doivent fuir devant Zhang Fakui qui retourne ses troupes contre la ville. C'est la défaite, mais dès cette date l'Armée rouge va se constituer à partir des éléments mutins. Ye Ting et le restant de ses forces épuisées rejoignent Zhu De et ses maquis ruraux, mais le harcèlement des forces réactionnaires contraint Ye Ting et He Long à fuir à Hong Kong. Le 11 décembre 1927, Ye Ting est présent à Canton, où l'insurrection connue sous le nom de « Commune de Canton » éclate, mais c'est un nouvel échec suivi d'une terrible répression. Ye Ting retourne alors en Union soviétique, puis voyage en Europe occidentale (Autriche, Allemagne) où ses activités sont obscures. Apparemment retiré de toute vie politique, il vit à Hong Kong.

Soudainement, en 1937, après dix années d'éclipse, Ye Ting refait une apparition : le GMD et le Parti communiste chinois viennent de former un front uni contre l'envahisseur japonais et Tchiang Kai-chek, alors généralissime, autorise Ye Ting à prendre le commandement d'unités communistes sur le Yangzi. Cette surprenante décision de Tchiang Kai-chek s'explique sans doute par plusieurs raisons. Celui-ci a peut-être su gré à son ancien adversaire d'avoir abandonné toute vie politique et a pensé utiliser cet excellent soldat. A-t-il espéré ainsi se l'acheter ? Enfin Ye Ting devait avoir le soutien de certains généraux de l'entourage du généralissime. Quoi qu'il en soit, Ye Ting organise les partisans rouges en une unité nationale, la IVe armée nouvelle, qu'il commande avec Chen Yi. Cette armée porte des coups sévères aux Japonais, mais ces succès même irritent les nationalistes, qui vont provoquer un grave incident à Maolin, le 6 janvier 1941, en tendant une embuscade à l'une de ses unités. Xiang Ying, le commandant en chef communiste, est tué et Ye Ting capturé. Il se voit accusé par Tchiang Kai-chek d'insubordination, tandis que les communistes réclament sa libération. Relâché après cinq ans de prison, il d [...]

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Michel HOANG, « YE TING [YE T'ING] (1897-1946) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ye-ting-ye-t-ing/