WESTMINSTER, quartier londonien

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Situé au cœur de Londres, le quartier de Westminster regroupe essentiellement deux édifices majeurs : l'abbaye et le palais du Parlement. L'abbaye royale fut fondée par Édouard le Confesseur, qui y fut enterré en 1066, et Guillaume le Conquérant y fut couronné peu après roi d'Angleterre. L'église actuelle fut élevée par Henri III, à partir de 1245, pour mettre en honneur les reliques d'Édouard le Confesseur, élevées dans une châsse en 1268, et pour donner un caractère fastueux aux couronnements et aux sépultures royales. Le chevet à déambulatoire et chapelles rayonnantes, le transept à collatéraux et les quatre travées orientales de la nef datent du xiiie siècle. L'architecte, Henri de Reynes, était anglais mais connaissait l'art français du xiiie siècle. Le haut vaisseau étroit, le verticalisme des supports, les réseaux des fenêtres composées montrent l'influence du gothique rayonnant d'Île-de-France, mais la polychromie des piles en marbre de Purbeck, les arcs très aigus et fortement moulurés, les passages superposés du transept sont typiques du gothique insulaire. Une partie du cloître et la salle octogonale du chapitre sont de la même époque. La nef fut achevée au au xive et au xve siècle et les tours de la façade terminées seulement au xviiie siècle. Henri VII fit reconstruire la chapelle (Lady Chapel) de 1503 à 1519 par William Vertue, chef-d'œuvre de l'art gothique tardif avec ses voûtes en éventail à pendentifs. L'abbatiale abrite des trésors : la châsse d'Édouard le Confesseur, œuvre moderne posée sur un socle du xiiie siècle décoré d'arcatures et de mosaïques dues à un Italien ; le trône du couronnement, œuvre de Walter de Durham exécutée en 1300 pour contenir la pierre de Scone enlevée aux Écossais ; de nombreux tombeaux royaux, datant des xiiie et xvie siècles, présentent un panorama de la sculpture funéraire en Angleterre, avec le concours d'artistes étrangers. Le palais du Parlement, surmonté par la tour de l'Horloge, est beaucoup moins ancien que l'abbaye : détruit par un incendie en 1834, l'ancien palais royal datait du xie siècle et abritait les deux chambres durant le xvie siècle. La reconstruction (1840-1850) a voulu respecter un style disparu ; des dégâts sérieux lui ont été infligés par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, mais sont aujourd'hui réparés. Le palais de Westminster demeure ainsi le siège du plus vieux Parlement du monde et loge, d'une façon quelque peu incommode, plus de six cents députés, les quelques centaines de lords qui viennent siéger ainsi que les services administratifs annexes. Le nom de Westminster symbolise parfaitement l'association du souverain et de son Parlement qui a fondé les libertés anglaises. L'abbaye a pu jouer occasionnellement un rôle politique en accueillant, en 1643-1647, sur l'ordre du Parlement, l'assemblée des théologiens chargés de définir le statut religieux du royaume au temps de la première révolution anglaise. Les grandes mesures qui portent le nom de Westminster, comme les Statuts de 1931 établissant le Commonwealth britannique des Nations, ont été prises par le roi ou le Parlement dans le cadre de leur palais.

Big Ben

Photographie : Big Ben

Big Ben et le palais de Westminster, un bâtiment de style néo-gothique construit par C. Barry et A. Pugin, à Londres. 

Crédits : Joe Cornish/ The Image Bank/ Getty Images

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  • : professeur émérite à l'université Paris-IV

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Pour citer l’article

Anne PRACHE, « WESTMINSTER, quartier londonien », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/westminster-quartier-londonien/