STOSS VEIT (1438 ou 1447-1533)

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Les origines de Veit Stoss sont obscures, tout comme les conditions de sa formation de sculpteur et de peintre. Né à Nuremberg vers le milieu du xve siècle (on a proposé les dates de 1438 ou de 1447) d'une famille sans doute originaire de la ville, il s'y marie, mais son activité se partagera essentiellement entre Nuremberg et Cracovie (Wit Stwosz est la forme polonaise de son nom). Il paraît incontestable que l'art du Maître du Retable de Nördlingen ainsi que celui de Nicolas Gerhaert de Leyde auront eu une part déterminante dans l'élaboration de son style propre, ce qui, parmi d'autres indices, suppose de sa part une connaissance effective des régions du sud-ouest du Saint Empire et du Rhin supérieur. Le retable du maître-autel de Notre-Dame de Cracovie, exécuté de mai 1477 à juillet 1489, constitue sa première œuvre magistrale ; ses dimensions sont importantes (13 m sur 11 m) et certains personnages mesurent presque 3 mètres. La partie centrale présente, superposés : La Mort et Le Triomphe de la Vierge, en quasi-ronde bosse, et les volets : La Vie de la Vierge, L'Enfance, La Vie publique, La Passion et La Vie surnaturelle du Christ, en bas relief. Ces scènes sont d'un dynamisme expressif, voire d'une théâtralité remarquable. Dans ce même temps, Veit Stoss sculpte quatorze lustres (non conservés) pour la Corporation des tailleurs de Cracovie (1485), fournit des ouvrages pour l'autel de Jacob Valerdorff à Notre-Dame, réalise en pierre un Mont des oliviers, probablement pour le cimetière de cette cathédrale, puis se rend à Bratislava. L'année suivante le trouve à Nuremberg, puis il regagne Cracovie en 1488. Au cours du second séjour dans cette ville où il possède une maison et a qualité de conseiller, il travaille au tombeau du roi Casimir IV Jagellon dans la chapelle de la Sainte-Croix (cathédrale), 1492, dont le gisant, de pierre bigarrée, est d'un réalisme pathétique apaisé, et il sculpte un retable face aux stalles des conseillers à Notre-Dame (avant 1495).

En 1496, il livre ses travaux pour le tombeau de l'archevêque Olesnicki à la cathédrale de Gniezno (Gnesen) et travaille au tombeau de l'évêque Mosimski de Brinn (mort en 1494) dans la cathédrale de Włocławek. La même année, nous retrouvons Veit Stoss à Nuremberg ; il y demeurera désormais jusqu'à sa mort, à l'exception de quelques années, à partir de 1504, où, condamné pour contrefaçon d'écritures et emprisonné, il s'enfuit à Münnerstadt. Il y exécute quelques travaux de peinture au retable de la Madeleine de Tilman Riemenschneider. Gracié par l'empereur Maximilien qui le charge de l'exécution de bronzes pour son tombeau d'Innsbruck, son retour à Nuremberg lui permettra de poursuivre ses activités, mais dans des conditions qui, en raison des bizarreries de son comportement, le confineront dans un isolement complet. Le Germanisches Museum de Nuremberg conserve la Vierge taillée par lui en 1499 pour orner sa maison. C'est l'époque des reliefs en pierre commandés par Paul Volckamer pour le tour de chœur de Saint-Sébald. De 1500 à 1503 datent le Retable de la Vierge érigé, jusqu'en 1619, dans le chœur de l'église de Schwaz au Tyrol, et le lustre au dragon, d'après un projet de Dürer, commandé par le conseil de la ville. De mai 1517 à juillet 1518, Veit Stoss sculpte pour Anton Tucher L'Annonciation (en bois de tilleul) qui règne si magnifiquement dans le chœur de Saint-Laurent de Nuremberg. Suit, en 1520, sur commande de Nicolas Wickel, un Christ en croix pour Notre-Dame, conservé actuellement à Saint-Laurent, ainsi qu'un retable (1520-1523) prévu pour l'église de la Rédemption et transféré dans la cathédrale de Bamberg.

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  • : conservateur en chef du département des Sculptures au musée du Louvre

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  • Écrit par 
  • Alain ERLANDE-BRANDENBURG
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Pour citer l’article

Victor BEYER, « STOSS VEIT (1438 ou 1447-1533) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/veit-stoss/