VÉGÉTATION

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Classification et étude statique

La classification des types physionomiques de la végétation a naturellement tenté de nombreux auteurs. Celle qu'a adoptée après plusieurs essais (1964, 1965, 1971) le Comité de l'U.N.E.S.C.O., auquel participent des spécialistes de diverses régions du monde, comprend cinq classes de formations (forêts fermées, forêts claires, buissons et fourrés, sous-arbrisseaux et landes basses, végétation herbacée), divisées chacune en sous-classes (sempervirentes, décidues, xéromorphiques) à l'intérieur desquelles se distinguent des groupes, des formations, des sous-formations.

Cette variété du tapis végétal à la surface du globe est due à trois facteurs essentiels. Le facteur climatique d'abord : sur une carte générale de la végétation mondiale, on voit immédiatement une disposition des grands ensembles continentaux plus ou moins parallèles aux zones climatiques. Dans ce cadre climatique, la nature physique, chimique et biochimique du sol intervient en second lieu pour différencier le tapis végétal et y créer une mosaïque de formations diverses. Enfin, sous l'action humaine, de vastes territoires sont cultivés ou transformés à l'emplacement d'anciennes forêts ou d'anciennes formations herbacées.

L'action du climat peut être étudiée par l'emploi des diagrammes ombrothermiques. Établis en fonction des précipitations P en millimètres et de la température moyenne t en degrés centigrades, ils permettent de déterminer l'hypersécheresse P < t, la sécheresse, P < 2 t, la subsécheresse P < 3t (méthode Bagnouls et Gaussen, cf. aireméditerranéenne). L'emploi de l'indice xérothermique qui correspond au nombre de jours réellement secs durant la période sèche et qui fait intervenir l'humidité atmosphérique s'est révélé très valable dans les pays tropicaux, subtropicaux et méditerranéens (Gaussen).

Pour expliquer l'action du sol, à l'intérieur d'une zone climatique, on doit analyser dans le détail la nature des sols (calcaires, siliceux ou salés, acides ou non, entre autres), leur profil, leur profondeur, leur biologie.

Certaines plantes dites plantes indifférentes ne sont pas sensibles à la nature chimique du sol. D'autres au contraire en sont des « indicatrices ». Les plantes dites calcifuges ou silicicoles redoutent les sols calcaires (châtaignier) ; les calcicoles le recherchent et même s'y cantonnent ; dans les pays de climat humide, le calcaire procure une certaine sécheresse physiologique, ce qui explique que le chêne vert est calcicole jusqu'aux Pyrénées alors que plus au sud, il pousse sur tous les sols. Les sols riches en certains éléments chimiques (serpentine, cuivre par exemple) portent une flore spécifique (flore cuprique du Katanga) ; les reposoirs à bestiaux, riches en nitrates, portent des nitrophiles ou rudérales (orties et chénopodes) ; les terrains salés ont une flore très particulière.

Les montagnes offrent des conditions qui leur sont propres ; un gradient de refroidissement se produit par suite de la raréfaction progressive de la pression atmosphérique. Cela crée des conditions climatiques différentes du bas au sommet des montagnes. La végétation forme des ceintures superposées appelées « étages de végétation » dont les dénominations classiques sont dans les pays d'Europe : étages méditerranéen, collinéen, montagnard, subalpin, alpin, avec en général des zones de transition. L'exposition des versants perturbe l'étagement en altitude et l'accumulation de l'air froid en hiver dans les vallées par temps calme peut provoquer une inversion d'étage.

Montagnes : végétations

Dessin : Montagnes : végétations

Exemples de l'étagement de la végétation des montagnes, pris dans des régions climatiquement différentes (schémas simplifiés) : Pyrénées, Sichuan, dont la flore en arbres est très riche comparée à celle des Pyrénées, Kenya de type équatorial. Outre la température, de nombreux... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher

Dans les pays tempérés de l'Europe, on observe un certain parallélisme entre les zones de végétation du sud au nord dans les plaines et les étages de végétation sur les montagnes. Ce parallélisme classique n'est valable que dans ces pays. Il résulte des grandes glaciations qui avaient repoussé presque jusqu'à la Méditerranée la flore des pays arctiques actuels ; lors du réchauffement postglaciaire, certaines de ces plantes ont suivi le recul des glaciers dans les plaines jusqu'en Scandinavie, alors que d'autres se sont réfugiées sur les pentes des montagnes. Il n'est pas question de retrouver ce parallélisme dans les pays tropicaux. Par exemple, en Afrique centrale, à la forêt ombrophile succèdent, en plaine, des formations sèches, et sur les montagnes on enfonce jusqu'aux genoux dans des sphaignes humides.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages

Écrit par :

  • : professeur honoraire à la faculté des sciences de Toulouse, correspondant de l'Institut, membre de l'Académie d'agriculture

Classification

Autres références

«  VÉGÉTATION  » est également traité dans :

ADVENTICES

  • Écrit par 
  • Marcel BOURNÉRIAS
  •  • 804 mots

Étymologiquement, une plante qui s'ajoute à un peuplement végétal auquel elle est initialement étrangère est une plante adventice (lat. adventicium , supplémentaire). On distingue les adventices réellement étrangères (exotiques), spontanées dans des régions éloignées (érigéron du Canada), pouvant disparaître rapidement, et les adventices indigènes, qui s'ajoutent de façon indésirable ou nuisible à […] Lire la suite

AFRIQUE (Structure et milieu) - Biogéographie

  • Écrit par 
  • Théodore MONOD
  •  • 5 805 mots
  •  • 16 médias

Suspendue aux flancs de l'Ancien Monde comme un « gigantesque point d'interrogation » – selon la pittoresque formule de Weulersse – l'Afrique représente le quart de la surface des terres émergées. De tous les continents c'est à la fois le plus massif (1 400 km 2 pour 10 km de côtes, contre 300 pour l'Europe) mais surtout le plus tropical et, par conséquent, le plus chaud. S'étendant du nord au su […] Lire la suite

AGRICULTURE URBAINE

  • Écrit par 
  • Jean-Paul CHARVET, 
  • Xavier LAUREAU
  •  • 6 271 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « De nouvelles demandes citadines  »  : […] Le modèle alimentaire français, que l’on retrouve avec des nuances plus ou moins sensibles dans la plupart des pays industrialisés, a été globalement marqué par un ensemble d’évolutions comparables depuis les années 1990. Les principales sont liées au développement de certains comportements alimentaires : le flexitarisme, qui se traduit par une réduction volontaire de la consommation de viande ro […] Lire la suite

ALLEMAGNE (Géographie) - Aspects naturels et héritages

  • Écrit par 
  • François REITEL
  •  • 8 234 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « La végétation et les sols »  : […] Sur le plan de la nature et de la répartition de la végétation, l'Allemagne présente tous les caractères d'une zone de transition. Climat, relief, roches, sols, activités humaines expliquent sa répartition. À l'origine, la forêt domine presque partout. La fin des glaciations a provoqué une conquête forestière quasi générale, mais avec un nombre de formations moins riches qu'à l'époque tertiaire. […] Lire la suite

ANTARCTIQUE

  • Écrit par 
  • Pierre CARRIÈRE, 
  • Edmond JOUVE, 
  • Jean JOUZEL, 
  • Gérard JUGIE, 
  • Claude LORIUS
  •  • 16 439 mots
  •  • 24 médias

Dans le chapitre « Les écosystèmes »  : […] En Antarctique, la faune est principalement restreinte aux zones côtières. On y trouve en abondance diverses espèces de manchots, pétrels et phoques qui se nourrissent en mer et viennent à terre pour leur reproduction. Les seuls animaux véritablement terrestres sont des invertébrés, parmi lesquels une seule espèce de diptère, Belgica antarctica (famille des Chironomidae ). Des plantes sont aussi […] Lire la suite

AULNAIES

  • Écrit par 
  • Marcel BOURNÉRIAS
  •  • 2 234 mots
  •  • 1 média

Il existe une quinzaine d'espèces d'aulnes. Ce sont des arbres ou arbustes des régions froides de l'Ancien et du Nouveau Monde, surtout de l'hémisphère Nord. Les peuplements denses de ces végétaux, ou aulnaies, occupent les sols humides ou frais, calcaires ou non. Les aulnaies forment des forêts plus ou moins mélangées en plaine, alors qu'en haute montagne ou à proximité de l'Arctique il s'agit d […] Lire la suite

BIOCÉNOSES

  • Écrit par 
  • Paul DUVIGNEAUD, 
  • Maxime LAMOTTE, 
  • Didier LAVERGNE, 
  • Jean-Marie PÉRÈS
  •  • 9 785 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « Transformations non cycliques »  : […] Un autre aspect important des variations dans le temps de la composition des biocénoses est celui de leur évolution non cyclique, c'est-à-dire de leur transformation au long des années sous l'action soit d'une évolution des facteurs externes, soit d'un déterminisme interne. Ces variations ont été surtout étudiées dans le monde végétal, où elles sont plus apparentes. On sait ainsi qu'une surface d […] Lire la suite

BIOGÉOGRAPHIE

  • Écrit par 
  • Pierre DANSEREAU, 
  • Daniel GOUJET
  •  • 11 061 mots
  •  • 17 médias

Dans le chapitre «  Notion de stratégie climatique »  : […] Les descriptions qui précèdent nous mettent en présence des principales pièces de la mosaïque mondiale à petite échelle. Ce sont ces unités-là qu'on utiliserait pour cartographier au 5/1 000 000. Il importe toutefois de situer ces classes de formation les unes par rapport aux autres afin de saisir leur dynamisme. Sachant que la distribution actuelle ne s'est pas nécessairement imposée depuis très […] Lire la suite

CHANGEMENT CLIMATIQUE

  • Écrit par 
  • Robert KANDEL
  •  • 8 798 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « Effets sur la biosphère »  : […] L'enrichissement en CO 2 stimulera la photosynthèse dans certains végétaux, améliorant le rendement de leur utilisation de l'eau. La diminution de la fréquence de gel, l'adoucissement des hivers, l'allongement de la saison de croissance pourront également favoriser la production de biomasse. Certains calculs indiquent que la biosphère continentale pourra, entre 2000 et 2050, incorporer ainsi de 2 […] Lire la suite

CHÊNAIES

  • Écrit par 
  • Marcel BOURNÉRIAS
  •  • 3 690 mots
  •  • 3 médias

Les chênaies sont des forêts constituées en totalité ou en grande partie de chênes, ce qui exclut les peuplements arbustifs, tels que les « brousses » à chêne kermès du Midi méditerranéen. La distinction est quelquefois subtile, ainsi Quercus calliprinos atteint de grandes dimensions en Méditerranée orientale, alors qu'il est considéré comme spécifiquement indistinct du Kermès ( Q. coccifera ). C' […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

21 octobre 2007 États-Unis. Gigantesques incendies de forêt en Californie

Les foyers se multiplient rapidement dans le sud de l'État, favorisés par les vents saisonniers secs et chauds, et la sécheresse de la végétation. En une semaine, les flammes ravagent quelque 200 000 hectares, faisant douze morts, détruisant 2 300 habitations et nécessitant l'évacuation de dizaines de milliers de personnes.  […] Lire la suite

Pour citer l’article

Henri GAUSSEN, « VÉGÉTATION », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/vegetation/