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VÉGÉTATION

Dans les divers pays, le langage a toujours distingué certains types de végétation. On n'a pas besoin de connaître le nom des plantes pour parler de forêt, de lande, de maquis, de savane, de steppe, de pelouse. Étudier la végétation revient à décrire le « paysage végétal ».

On confond souvent flore et végétation, réalités pourtant très différentes pour le botaniste : la flore est l'ensemble des plantes composant la végétation et identifiées au moyen de « catalogues » ou dans des « flores » ; au contraire, la végétation s'intéresse à la forme, à la « physionomie » des plantes et surtout à leurs groupements. La végétation sera luxuriante, dense, clairsemée, tous caractères indépendants de la flore ; celle-ci sera pauvre si la même espèce est abondamment représentée, comme dans une forêt de sapins ; en revanche, une pente rocheuse à végétation clairsemée peut avoir une flore riche comportant beaucoup d'espèces différentes.

En un lieu déterminé faisant l'objet d'une étude, une « dition » (un canton par exemple), il est possible de séparer divers types de groupements végétaux qui, en général, se voient sur le terrain car ils ont une physionomie particulière ; ces groupements sont des «  formations végétales », ou « synécies ».

L'étude de la liste des plantes de chacune de ces unités physionomiques fait apparaître la notion d' association végétale, mot mal choisi, car si les plantes sont ensemble, c'est qu'elles peuvent vivre dans les conditions de milieu de la dition : elles sont autant concurrentes qu'associées. La physionomie de ces groupements est primordiale et les formes biologiques plus intéressantes que les plantes elles-mêmes. Ces formes biologiques, comportant des caractéristiques physiologiques semblables, sont sous la dépendance du sol et surtout des facteurs climatiques : température, humidité, luminosité. On comprend donc la similitude des formations végétales sous des climats analogues : les forêts caducifoliées d'Europe ressemblent fort à celles des régions atlantiques et septentrionales de l'Amérique du Nord ; dans sa physionomie, la forêt équatoriale du Congo ressemble à celle de l'Amazone, bien que les espèces composantes soient différentes.

La végétation peut être considérée soit comme une entité statique, simple description de son état actuel, soit comme un système dynamique, si on considère sa transformation sous l'action des agents extérieurs, l'homme en particulier. Ce sont des données paléofloristiques et paléoclimatiques (cf. paléoclimatologie, palynologie, tourbières) des dix mille dernières années, obtenues par les méthodes de l'analyse pollinique, qui constituent les bases indispensables pour comprendre cette évolution dynamique.

Dans le premier cas – statique –, la représentation cartographique des formations dans le monde fait ressortir une zonation calquée sur les zones climatiques. Dans le second cas – dynamique –, elle met en évidence la notion de séries. Cette cartographie développée dans une perspective climatologique et écologique permet, à petite échelle, de représenter de façon précise les ensembles de formations végétales et, à grande échelle, de faire apparaître les caractères propres à chaque région, et d'en faciliter la mise en valeur.

Classification et étude statique

La classification des types physionomiques de la végétation a naturellement tenté de nombreux auteurs. Celle qu'a adoptée après plusieurs essais (1964, 1965, 1971) le Comité de l'U.N.E.S.C.O., auquel participent des spécialistes de diverses régions du monde, comprend cinq classes de formations (forêts fermées, forêts claires, buissons et fourrés, sous-arbrisseaux et landes basses, végétation herbacée), divisées chacune en sous-classes (sempervirentes, décidues, xéromorphiques)[...]

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Écrit par

  • : professeur honoraire à la faculté des sciences de Toulouse, correspondant de l'Institut, membre de l'Académie d'agriculture

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

Montagnes : végétations

Montagnes : végétations

Autres références

  • ADVENTICES

    • Écrit par Marcel BOURNÉRIAS
    • 804 mots

    Étymologiquement, une plante qui s'ajoute à un peuplement végétal auquel elle est initialement étrangère est une plante adventice (lat. adventicium, supplémentaire). On distingue les adventices réellement étrangères (exotiques), spontanées dans des régions éloignées (érigéron du Canada),...

  • AFRIQUE (Structure et milieu) - Biogéographie

    • Écrit par Théodore MONOD
    • 5 702 mots
    • 19 médias

    Suspendue aux flancs de l'Ancien Monde comme un « gigantesque point d'interrogation » – selon la pittoresque formule de Weulersse – l'Afrique représente le quart de la surface des terres émergées.

    De tous les continents c'est à la fois le plus massif (1 400 km2 pour...

  • AGRICULTURE URBAINE

    • Écrit par Jean-Paul CHARVET, Xavier LAUREAU
    • 6 273 mots
    • 8 médias
    ...urbains manifestent également, au travers de leurs associations, le souhait de voir se développer des « îlots de fraîcheur » à l’intérieur des villes – la végétation permettant de réguler la température en absorbant d’une part une partie du rayonnement solaire et en dissipant d’autre part la chaleur par...
  • ALLEMAGNE (Géographie) - Aspects naturels et héritages

    • Écrit par François REITEL
    • 8 281 mots
    • 6 médias
    Sur le plan de la nature et de la répartitionde la végétation, l'Allemagne présente tous les caractères d'une zone de transition. Climat, relief, roches, sols, activités humaines expliquent sa répartition. À l'origine, la forêt domine presque partout. La fin des glaciations a provoqué une conquête...
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Voir aussi