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ADVENTICES

Étymologiquement, une plante qui s'ajoute à un peuplement végétal auquel elle est initialement étrangère est une plante adventice (lat. adventicium, supplémentaire). On distingue les adventices réellement étrangères (exotiques), spontanées dans des régions éloignées (érigéron du Canada), pouvant disparaître rapidement, et les adventices indigènes, qui s'ajoutent de façon indésirable ou nuisible à une culture, et constituent les « mauvaises herbes ».

Ces deux catégories ne sont pas opposées, car les adventices indigènes européennes peuvent être des exotiques envahissantes en Amérique du Nord ou en Australie. Les premières représentent cependant pour certains auteurs les seules vraies adventices, et on leur adjoint généralement, d'une part, les plantes involontairement introduites qui continuent ensuite à se reproduire dans la flore locale (espèces subspontanées), d'autre part, les espèces cultivées qui se propagent en échappant au contrôle de l'homme (pastel, caméline, parfois figuier de Barbarie).

En somme, les adventices sensu lato ont le pouvoir d'envahir, avec plus ou moins de nocivité, certains milieux qui leur offrent des places libres, par exemple les cultures. Après l'arrêt de l'action humaine, elles disparaissent généralement : les friches en renferment encore, les prairies ou les forêts denses en sont dépourvues.

Les adventices n'atteignent une forte « agressivité » (Hamel et Dansereau) que dans certaines conditions : des places vides, un sol nu, généralement riche (engrais, déjections), un microclimat convenable, notamment pour la lumière qui lève la dormance des graines (elles germent en foule lors des défrichements), sont nécessaires à leur installation et à leur maintien. Les autres besoins sont généralement faibles ; beaucoup supportent une forte sécheresse, donnant alors des plantes naines mais fertiles.

Les types biologiques sont sélectionnés par les conditions précédentes : les annuelles et bisannuelles abondent particulièrement ; elles donnent un nombre considérable de graines, mais sont supplantées par les vivaces des peuplements denses. Celles-ci sont capables d'occuper rapidement les espaces libres, ou de résister aux remaniements du sol, par leur multiplication végétative intense (rhizomes et stolons fragmentables des chiendents, liserons ; tubercules ou bulbes arrondis des muscaris).

Sont des « mauvaises herbes » les adventices qui, par leur présence massive, gênent le développement des appareils aérien et surtout souterrain de plantes cultivées : on a mesuré près de 500 mètres de rhizomes de chiendent sur 1 mètre carré de sol (dans toute son épaisseur). Cette compétition porte également sur la nutrition, notamment pour l'eau : augmentant considérablement l'évapotranspiration, la végétation adventice est particulièrement nuisible dans les régions subarides. Le prélèvement trophique exercé par les adventices parasites comme la cuscute des prairies artificielles et l'orobanche (Phelipœa ramosa) du tabac est important.

Certaines adventices concurrencent chimiquement les autres végétaux par leurs sécrétions racinaires (moutardes, diverses composées, etc.) ou foliaires (absinthe, etc.) : cette action est dite télétoxique.

Dans la lutte contre les adventices, les moyens traditionnels sont encore très utilisés : destruction mécanique par extirpateur puis sarclage ; triage des semences, rendu souvent délicat par la convergence de forme entre les graines des plantes utiles et de leurs adventices (cas de folle avoine qui accompagne toujours l'avoine cultivée) ; désherbage chimique par l'acide sulfurique concentré ou les solutions de sulfate de cuivre.

De très nombreux désherbants sélectifs de synthèse, souvent hormonaux, sont maintenant employés ; ainsi, l'acide 2-4 dichloro-phénoxy-acétique (2-4 D) respecte les Monocotylédones[...]

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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