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VÉGÉTATION

Représentation cartographique

À la base de la cartographie de la végétation comme de toute cartographie, on trouve la notion d'échelle. Sur les cartes à très petite échelle, telles les cartes du monde ou les cartes dont l'échelle ne dépasse pas le 1 :5 000 000, on représente les grandes zones de végétation ; mais il est difficile d'y figurer l'étagement en montagne ainsi que les cultures, dont la représentation nécessite une échelle beaucoup plus grande et des cartes spéciales.

À l'échelle de 1 :1 000 000, celle de la Carte internationale du tapis végétal, les cultures apparaissent en blanc ; sur ce fond blanc, il est facile de porter des renseignements agricoles de valeur statistique. Des cartons à plus petite échelle permettent l'analyse des facteurs (sol, climat, topographie) déterminant la végétation ; l'un d'eux indique le devenir de la végétation en l'absence d'action humaine pendant environ un siècle (plésioclimax).

Aux échelles plus grandes, 1 :250 000 ou 1 :200 000, la représentation est beaucoup plus détaillée et fondée sur la notion de série (cf. supra), puis sur celle d'associations végétales, qui peut apparaître sur une carte au 1 :20 000 par exemple.

Quelle que soit l'échelle, il est pratique de convenir de modes de représentation identiques : forêt sempervirente en teinte plate, forêt caducifoliée rayée de blanc, broussailles en rayures plus ou moins serrées, formations herbacées en petits points. Une représentation a été ainsi établie pour plus de deux cent cinquante types de formations ; elle est adoptée par l'U.N.E.S.C.O. et mondialement reconnue.

Alors que longtemps leur choix a été arbitraire et souvent laissé à l'initiative de l'imprimeur, on convient maintenant de plus en plus de donner aux couleurs une signification écologique (Gaussen) ; l'environnement étant une synthèse de facteurs, la couleur choisie pour le représenter sera, elle aussi, une synthèse de couleurs représentant chaque facteur, étant entendu que pour chacun de ceux-ci, on définit une gamme de couleurs : couleur vive si le facteur est important, claire ou absente si le facteur n'a pas d'action au lieu considéré. Ainsi il a été admis que la chaleur est représentée par des teintes allant du rouge au jaune et au gris, l'humidité par des teintes allant de l'orangé (milieu sec) au bleu (forte humidité), la luminosité du rose au grisé fin gris. Selon ces normes, la forêt équatoriale chaude et humide apparaîtra en mauve (rouge bleu). Dans une série progressive allant du sol nu (labour abandonné) à la forêt, la succession des étapes se représentera par une variation de teinte allant du clair au foncé (couleur du climax quand il est forestier). D'autre part, la façon de mettre la couleur (hachures, points par exemple) apporte des informations complémentaires.

Dans les pays tropicaux, la végétation offre une physionomie bien différente pendant la saison sèche et la saison des pluies ; cette alternance de végétation peut être représentée par la juxtaposition de deux bandes verticales, l'une violette (période chaude et humide), l'autre orangée (période chaude et sèche). En dehors des pays tropicaux, le contraste saisonnier est moins net ; si c'est utile et si l'échelle le permet, le sous-bois représenté par des « fenêtres » à contour géométrique peut en donner une idée.

Cette représentation cartographique peut être établie aux formules écologiques (Gaussen) intégrant les différents facteurs, suivis de coefficients : t (température moyenne) de 0 à 6 ; s (sécheresse) de 0 à 6 (0 très humide, 6 très sec) ; x (indice xérothermique) de 0 à 6 (6 très sec) ; l (lumière) de 0 à 3 (3 très lumineux) ; v (durée de la période de végétation) de 0 à 3 (3 sempervirente) ; de plus, des[...]

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Écrit par

  • : professeur honoraire à la faculté des sciences de Toulouse, correspondant de l'Institut, membre de l'Académie d'agriculture

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

Montagnes : végétations

Montagnes : végétations

Autres références

  • ADVENTICES

    • Écrit par Marcel BOURNÉRIAS
    • 804 mots

    Étymologiquement, une plante qui s'ajoute à un peuplement végétal auquel elle est initialement étrangère est une plante adventice (lat. adventicium, supplémentaire). On distingue les adventices réellement étrangères (exotiques), spontanées dans des régions éloignées (érigéron du Canada),...

  • AFRIQUE (Structure et milieu) - Biogéographie

    • Écrit par Théodore MONOD
    • 5 702 mots
    • 19 médias

    Suspendue aux flancs de l'Ancien Monde comme un « gigantesque point d'interrogation » – selon la pittoresque formule de Weulersse – l'Afrique représente le quart de la surface des terres émergées.

    De tous les continents c'est à la fois le plus massif (1 400 km2 pour...

  • AGRICULTURE URBAINE

    • Écrit par Jean-Paul CHARVET, Xavier LAUREAU
    • 6 273 mots
    • 8 médias
    ...urbains manifestent également, au travers de leurs associations, le souhait de voir se développer des « îlots de fraîcheur » à l’intérieur des villes – la végétation permettant de réguler la température en absorbant d’une part une partie du rayonnement solaire et en dissipant d’autre part la chaleur par...
  • ALLEMAGNE (Géographie) - Aspects naturels et héritages

    • Écrit par François REITEL
    • 8 281 mots
    • 6 médias
    Sur le plan de la nature et de la répartitionde la végétation, l'Allemagne présente tous les caractères d'une zone de transition. Climat, relief, roches, sols, activités humaines expliquent sa répartition. À l'origine, la forêt domine presque partout. La fin des glaciations a provoqué une conquête...
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Voir aussi