TRÉMATODES

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Le cycle évolutif

Le cycle évolutif des Trématodes se déroule principalement en milieu aquatique. Le miracidium pénètre activement (ou passivement s'il est mangé avec l'œuf) dans les tissus d'un Mollusque, en particulier dans la glande hépato-pancréatique riche en réserves nutritives. Ayant perdu son revêtement cilié, le miracidium s'allonge et se transforme en un stade larvaire appelé sporocyste, sorte de sac à l'intérieur duquel apparaissent, par le bourgeonnement de cellules germinales, soit des sporocystes fils, soit des rédies. Ces dernières sont plus évoluées morphologiquement : elles possèdent une bouche, un pharynx et un intestin sacciforme plus ou moins allongé. Mais il se forme à l'intérieur des sporocystes fils ou des rédies de nouvelles formes larvaires, les cercaires, qui s'en échappent pour quitter le Mollusque et passer dans le milieu extérieur. Il s'ensuit que le miracidium issu d'un seul œuf est capable de produire par étapes successives, chez le premier hôte intermédiaire, un nombre très élevé de cercaires, et cette production se poursuit tant que le Mollusque reste en vie. Du point de vue génétique, toutes les cercaires issues d'un seul œuf possèdent le même génome, et, dans le cas des Schistosomes qui sont gonochoriques, les cercaires issues d'un même miracidium sont toutes du même sexe. La cercaire représente ainsi le dernier stade ontogénétique du développement du miracidium. Elle peut être comparée à un minuscule Trématode dont les ventouses, l'appareil digestif et, souvent aussi, l'appareil reproducteur sont déjà ébauchés. Il existe cependant deux importants caractères larvaires essentiels au développement ultérieur : un organe de propulsion, sous forme d'une queue simple ou bifide, et un appareil apical, muni ou non d'un stylet, et dans lequel débouchent de volumineuses glandes unicellulaires dont la sécrétion facilite la pénétration de la cercaire dans le deuxième hôte intermédiaire. Parfois, l'appareil apical fait défaut, mais de nombreuses glandes débouchent à la surface du corps de la cercaire, leur sécrétion permettant l'enkystement de celle-ci. Parvenue dans le deuxième hôte intermédiaire ou dans le milieu ambiant, la cercaire perd son appareil perforateur et sa queue, s'enkyste et se transforme en métacercaire, ou larve infestante. Celle-ci attend de passer chez l'hôte définitif. Si la mort de cet hôte survient avant qu'il ait été mangé par l'hôte définitif, le cycle est définitivement interrompu. Cependant, au cas où le deuxième hôte est, par exemple, un Poisson, il peut conserver les métacercaires durant plusieurs années, tandis que dans un Insecte ou un Crustacé aquatique, dont l'existence est courte, la longévité des métacercaires et, partant, la probabilité qu'elles soient absorbées par l'hôte définitif sont beaucoup plus faibles. Cependant, les risques encourus par les larves de Trématodes durant l'accomplissement de leur cycle sont compensés par la production massive de cercaires. En dehors des étapes du cycle évolutif typique, il existe des variantes qui se situent entre le premier et les autres hôtes intermédiaires. Ces variantes ont pour effet biologique de raccourcir le cycle, avec suppression d'un hôte intermédiaire, ou, au contraire, de l'allonger, avec apparition d'un hôte intermédiaire supplémentaire. Le raccourcissement s'observe sous deux formes distinctes. Dans la première, la cercaire pénètre directement dans l'hôte définitif : c'est le cas des Schistosomes vivant dans les vaisseaux sanguins de leurs hôtes, et en particulier de l'homme. Dans la seconde, la cercaire s'enkyste dans le sporocyste ou dans la rédie, et le deuxième hôte est devenu superflu. L'allongement du cycle, avec trois hôtes intermédiaires, s'observe chez les Strigeida, où le deuxième hôte, un Amphibien (têtard ou adulte), héberge une forme larvaire non enkystée, la mésocercaire. Celle-ci, absorbée par le troisième hôte, Amphibien, Reptile, Oiseau ou Mammifère, s'y transforme en forme larvaire infestante enkystée. Enfin, le cycle peut encore être modifié par suite d'une progenèse des métacercaires, à savoir une maturité sexuelle précoce allant jusqu'à la ponte des œufs à l'intérieur du kyste, rendant ainsi l'hôte définitif superflu.

Cycle évolutif

Dessin : Cycle évolutif

Résumé du cycle évolutif des Trématodes. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Cercaires dans une rédie et des sporocystes

Dessin : Cercaires dans une rédie et des sporocystes

Cercaires à l'intérieur d'une rédie (à gauche) et cercaires dans des sporocystes (à droite). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Cercaires

Dessin : Cercaires

Types de cercaires : cercaire à stylet, Xiphidocercaire (a), cercaire à queue fourchue, Furcocercaire (b), cercaire s'enkystant dans la nature, Gymnocéphale (c) 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Cycle évolutif

Dessin : Cycle évolutif

Résumé du cycle évolutif des Trématodes. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Dans la réalisation d'un cycle évolutif, le milieu écologique dans lequel vivent les hôtes intermédiaires et définitifs joue un rôle important : l'hôte intermédiaire hébergeant la métacercaire doit être un des maillons formant la chaîne alimentaire de l'hôte définitif. Cep [...]

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Brachylaimus, Fischoederius, Dicrocoelium et Cotylurus

Brachylaimus, Fischoederius, Dicrocoelium et Cotylurus
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Schistosoma japonicum : œuf

Schistosoma japonicum : œuf
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Cycle évolutif

Cycle évolutif
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Cercaires dans une rédie et des sporocystes

Cercaires dans une rédie et des sporocystes
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Écrit par :

  • : professeur à l'université de Neuchâtel, directeur de l'Institut de zoologie

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Pour citer l’article

Jean Georges BAER, « TRÉMATODES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/trematodes/