DELAIR SUZY (1916-2020)

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Suzanne Pierrette Delaire, dite Suzy Delair, naît le 31 décembre 1917 à Paris, dans un milieu modeste. Suivant la profession de sa mère, elle apprend le métier de modiste, mais rêve de théâtre. Elle survit un temps grâce à de petits rôles au théâtre et déjà au cinéma. Bientôt c’est sa voix, jolie et assurée, qui la fait remarquer et lui vaut ses premiers engagements sérieux aux Bouffes-Parisiens, à Bobino, à l’Européen et au cabaret de Suzy Solidor.

Suzy Delair

Photographie : Suzy Delair

C'est sans aucun doute à Henri-Georges Clouzot que Suzy Delair, venue du music-hall et du cabaret, doit le personnage de cinéma qui lui restera attaché, celui de Mila Malou alias Jenny Lamour, fausse mutine mais vraie rosse. Ici, l'actrice en 1950. 

Crédits : Harcourt/ AFP

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La Seconde Guerre mondiale la place dans une nouvelle situation dont elle saura tirer profit. Son compagnon, Henri Georges Clouzot, occupe un poste important à la Continental-Films. Cette nouvelle firme cinématographique bénéficie de fonds importants provenant directement de l’Allemagne nazie. Alfred Greven, l’Allemand qui la dirige, a été mandaté par Joseph Goebbels pour produire des films français de qualité destinés à distraire les Français en évitant toute propagande et en réunissant le meilleur du cinéma. Clouzot dirige pratiquement le département scénario. Il écrit d’ailleurs l’adaptation d’un roman policier à succès de Stanislas-André Steeman, Le Dernier des Six (1941), réalisé par Georges Lacombe. C’est Pierre Fresnay qui interprète le rôle du fin limier, l’inspecteur Wens. Pour Suzy Delair, Clouzot invente le personnage de Mila Malou, petite amie de Wens, actrice de music-hall tempétueuse à la voix stridente, aux éclats homériques (scènes calquées, dit-on, sur celles qui opposent Clouzot et Delair dans leur quotidien…). Le succès est énorme et le public plébiscite le couple incongru formé par le flegmatique Fresnay et l’éruptive Suzy.

La Continental décide alors de filmer une nouvelle aventure de l’inspecteur Wens et Clouzot négocie pour l’écrire et la réaliser. La réussite de L’assassin habite au 21 (1942) surpasse celle du Dernier des Six et Suzy Delair devient une des vedettes emblématiques du cinéma français de l’Occupation. P [...]

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Écrit par :

  • : historien du cinéma, maître de conférences à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, membre du comité de rédaction de la revue Positif

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Dans le chapitre « Technique et mythologie érotiques »  : […] L'érotisme ne pouvant être le paradis du cinéaste, il sera sa croix, en tout cas sa hantise, grandissant sans cesse, comme sur les affiches et dans les autres domaines de la publicité. Un film comme Benjamin (1967) double ses recettes par un sous-titre alléchant : Mémoires d'un puceau . « Civilisation du cul », affirme Godard dans Deux ou trois choses que je sais d'elle (1966) ; il fait dire au […] Lire la suite

Pour citer l’article

Christian VIVIANI, « DELAIR SUZY - (1916-2020) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/suzy-delair/