FRESNAY PIERRE (1897-1975)

Pierre Laudenbach, connu sous le pseudonyme de Pierre Fresnay, fait ses débuts au théâtre, en 1911, avec Réjane. Admis au Conservatoire, il est l'élève de Paul Mounet et de Georges Berr. Il entre à la Comédie-Française en 1915 où il joue Molière, Marivaux et Musset, devient un jeune premier romantique, acquiert le fameux phrasé ponctué de pauses entre les mots, la diction nasale qui le rendront célèbre. Nommé sociétaire en 1923, il démissionne avec fracas en 1927, lorsqu'un décret modifie le recrutement du Théâtre-Français. Après son départ de la Comédie-Française, il oriente sa carrière vers le Boulevard, où il est l'interprète de Sacha Guitry, puis de Marcel Pagnol avec Marius, pièce pour laquelle il a adopté, avec bonheur, l'accent marseillais. Marius et Fanny (la suite) sont portés à l'écran en 1931-1932 et Pierre Fresnay s'affirme alors comme vedette de cinéma. Avec un succès qui ne se démentira pas, il joue désormais pour le théâtre des pièces de Sacha Guitry, de Jean Anouilh, d'Édouard Bourdet, puis, plus tard, de Marcel Achard et d'André Roussin ; pour le cinéma, trois ou quatre films par an, où son métier de comédien sert les sujets commerciaux comme les œuvres plus ambitieuses. En 1934, Yvonne Printemps, divorcée de Sacha Guitry, devient la compagne de Pierre Fresnay. Ils jouent ensemble, au théâtre, surtout à la Michodière, dont l'acteur devient, en 1937, conseiller artistique, et forment au cinéma le « couple idéal » de La Dame aux camélias, Adrienne Lecouvreur, Trois Valses, Je suis avec toi, Les Condamnés, La Valse de Paris. Mais Pierre Fresnay a trouvé ses rôles les plus remarquables dans La Grande Illusion de Jean Renoir (1937) et Le Corbeau de Clouzot (1943).

À partir de 1947, son interprétation de Vincent de Paul, dans le film de Maurice Cloche Monsieur Vincent, fait de Pierre Fresnay le spécialiste — cinématographique — des « grandes figures » : Offenbach, le docteur Schweitzer, l'entomologiste Fabre. C'est le triomphe d'un art de la composition théâtrale auquel il restera fidèle jusque dans sa vieillesse et, spécialement dans des films de Léo Joannon, de Gilles Grangier, de Denys de La Patellière. Au cours des années soixante, Pierre Fresnay monte, à la Michodière, des œuvres de Diderot, de Montherlant et de Valéry, et fait encore de brillantes apparitions à la télévision, qui témoignent de ses qualités artistiques et humaines.

—  Jacques SICLIER

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Jacques SICLIER, « FRESNAY PIERRE - (1897-1975) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 octobre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-fresnay/