SPIELBERG STEVEN (1946- )

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L'épreuve du réel

Les héros de Spielberg sont confrontés à un mal incompréhensible (le camion et son conducteur invisible dans Duel), quasi transcendant (Rencontres..., E.T.), qui ne peut être combattu que par un être supérieur, « élu » : Roy/Richard Dreyfus dans Rencontres du troisième type..., Indiana Jones ou encore les scientifiques de Jurassic Park et du Monde perdu (1997), les abolitionnistes d'Amistad (1997)... La Liste de Schindler brise un tabou quant à la représentation de l'Holocauste par la fiction, réputée impossible ou interdite. Mais le film se heurte au fait que l'Holocauste constitue une donnée historique difficilement assimilable au schéma fictionnel élémentaire du cinéma hollywoodien, avec héros et final positif. Utiliser la puissance du cinéma pour décrire la réalité, en l'occurrence l'horreur des camps de la mort, avec pour unique vecteur l'émotion, conduit (comme dans Amistad) à la recherche d'un consensus à tout prix, qui ne résout pas la question fondamentale, qui dépasse en fait le cinéma : pourquoi et comment la Shoah ? Et l'action d’un « juste » comme Schindler ne masque-t-elle pas ce que le film de fiction ne peut montrer que de biais, en éludant l’essentiel ?

Indiana Jones et le temple maudit, S. Spielberg

Photographie : Indiana Jones et le temple maudit, S. Spielberg

Deuxième volet de la série de films d’aventures réalisés par Steven Spielberg, Indiana Jones et Le temple maudit (1984) se situe en Inde en 1935. L’action précède dans le temps celle du premier film (prequel) Les Aventuriers de l’arche perdue qui se situe, lui, en 1936. Harrison... 

Crédits : Paramount/ Getty Images

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Dans Il faut sauver le soldat Ryan (Saving Private Ryan, 1998), il est impossible de nier l'impact émotionnel de la séquence du débarquement à Omaha Beach ni celui des dernières scènes. Spielberg n'est pas le premier cinéaste à espérer qu'en approchant au plus près des sensations physiques susceptibles d'être ressenties sur un champ de bataille, avec le renfort des effets spéciaux les plus sophistiqués, le film produise sur le spectateur un choc psychologique engendrant un rejet définitif de la guerre. Le reste du film relève d'une cinéphilie classique simplement efficace, puisée aux meilleures sources. Il faut sauver le soldat Ryan pose en fait la même question que La Liste de Schindler, sans y répondre davantage : jusqu'où la mise en spectacle de la guerre et de l'insoutenable peut-elle rendre « bon » le spectateur venu jouir du spectacle [...]

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Écrit par :

  • : critique et historien de cinéma, chargé de cours à l'université de Paris-VIII, directeur de collection aux Cahiers du cinéma

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Pour citer l’article

Joël MAGNY, « SPIELBERG STEVEN (1946- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/steven-spielberg/