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E.T. L'EXTRA-TERRESTRE, film de S. Spielberg

E.T. l'extra terrestre (E.T. The Extra-Terrestrial, 1982) est le deuxième des films que Steven Spielberg consacre à la venue de visiteurs de l'espace, après Rencontres du troisième type (Close Encounters of the Third Kind, 1977). À la différence du premier, E.T. connaît un succès planétaire, peut-être parce qu'il met en scène un héros auquel il est facile de s'identifier – un enfant comme les autres (à l'inverse, Rencontres du troisième type avait pour protagoniste un « élu » qui reçoit un appel d'outre-espace). E.T. est loin d'être aussi mystérieux. Comme l'a écrit avec un peu d'ironie le critique du Village Voice, à New York, il s'agit moins d'un film de science-fiction que d'un dog movie, un récit d'apprentissage dont le héros est un enfant qui s'entiche d'un chien trouvé. Seule différence, en guise de chien nous avons sous les yeux un petit monstre d'un mètre aux grands yeux globuleux.

Le merveilleux et le quotidien

Oublié cinq jours sur Terre par des congénères distraits, un extra-terrestre se lie d'amitié avec un enfant qui le tire des griffes des services secrets et lui permet de réintégrer son vaisseau spatial. En retour, le petit garçon est prêt à se lancer dans la vie – E.T. lui aura même montré comment on embrasse les grandes filles... Sur la base de ce canevas simple, le film joue de l'alternance entre la dimension du merveilleux, représentée par E.T., et celle du quotidien, représentée par Elliott son petit « maître ». Dans la première, de gentils extra-terrestres sont capables de faire voler des objets, de ressusciter les fleurs mortes et d'effacer les cicatrices (au propre et au figuré). Dans la seconde, les parents divorcent, les camarades de lycée se moquent de vous, et il ne fait pas bon tomber entre les mains des médecins, aussi froids que leurs scalpels. Le divorce des parents d'Elliott – un thème récurrent chez Spielberg – est traité de façon particulièrement élégante : penchés avec nostalgie sur la veste de leur père enfui, les enfants nomment les parfums qui y sont demeurés accrochés, celui du père et un « Soir de Paris » dont on se doute que ce n'est pas celui de la mère... Spielberg prend d'ailleurs soin de construire plutôt le point de vue de l'enfant ou celui d'E.T., non celui des adultes (le seul visage adulte qui apparaît dans la première moitié du film est celui de la mère), y compris sur le plan optique (la caméra se trouve souvent à un mètre du sol, soit la hauteur des yeux d'E.T. et d'Elliott).

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Écrit par

  • : professeur à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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