SÉNNACHÉRIB ou SIN-AHÉ-ÉRIBA, roi d'Assyrie (704-681 av. J.-C.)

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Roi d'Assyrie (704-681), mort en janvier 681 av. J.-C. à Ninive (auj. en Irak).

Fils et successeur de Sargon II, Sénnachérib hérite d'un empire qui s'étend de la Babylonie au sud de la Palestine et jusqu'en Asie Mineure. Avant d'accéder au trône, il fait montre de ses talents d'administrateur et de diplomate dans le nord et le nord-est de l'empire. Dès son avènement, le désordre s'installe en Babylonie, où la montée en puissance des Araméens (les Chaldéens de la Bible) sème le trouble dans les plus anciennes cités de l'empire. Ces dernières sont en effet généralement favorables aux Assyriens qui protègent leurs intérêts commerciaux et garantissent la sûreté des routes marchandes. Sénnachérib accepte dans un premier temps l'arrivée au pouvoir des Araméens à Babylone.

Les troubles éclatent cependant au grand jour en 703 lorsque le Chaldéen Mérodach-Baladan (Mardouk-apal-iddin) déclenche une insurrection avec l'aide militaire de l'Élam, pays voisin situé sur la rive droite du golfe Persique. Sénnachérib reprend le nord de la Babylonie, où il règne dès lors par l'intermédiaire d'un Babylonien, Bel-ibni. Parallèlement, son armée ravage le sud de la Babylonie, aux mains des Chaldéens, mais épargne les grandes cités babyloniennes qui ne sont pas passées à l'ennemi. L'intervention élamite déclenche probablement une campagne assyrienne en 702 contre les petits royaumes des chaînes du Zagros, soumis à l'Élam, destinée à prévenir toute poussée élamite par cette route vers l'est de l'Assyrie.

En 701, une rébellion soutenue par l'Égypte, bien que probablement fomentée par Mérodach-Baladan (II Rois xx, 12-18 ; Isaïe xxxix, 1-7), éclate en Palestine. Sénnachérib réagit avec fermeté, soutenant les vassaux loyaux et s'emparant des cités rebelles, à l'exception de Jérusalem. Bien qu'assiégée, cette dernière sera épargnée au prix d'un lourd tribut (II Rois xviii, 13-xix, 36 ; Isaïe xxxvi, 1-xxxvii, 37).

Sénnachérib attaque de nouveau les Chaldéens en 700 lorsque Mérodach-Baladan fomente de nouvelles intrigues. Ce dernier se réfugie alors en Élam, où il meurt peu après. Sénnachérib change alors de stratégie face à Babylone et introduit une administration assyrienne directe en remplaçant Bel-ibni par son propre fils, Assour-nadin-shoum. La Babylonie connaît une brève période de stabilité, qui permet à Sénnachérib de lancer des campagnes en Cilicie et dans le nord de l'empire. Mais les Élamites continuent à soutenir les Chaldéens. Sénnachérib attaque donc de nouveau le sud de la Babylonie en 694 et envahit parallèlement l'Élam grâce à une flotte qui descend le Tigre puis l'Euphrate avant de traverser le golfe Persique. L'Élam lance alors des raids sur le nord de la Babylonie, faisant prisonnier Assour-nadin-shoum et le remplaçant par un mandataire qui régnera dix-huit mois, jusqu'à un nouvel assaut assyrien. Le fils de Sénnachérib, est livré au roi d'Élam qui le fait exécuter.

Un nouveau chef chaldéen, Mouchezib-Mardouk, s'empare de Babylone et achète le soutien de l'Élam. En 691, les armées assyrienne et élamite s'affrontent à Halule sur la Diyala. Sénnachérib en sort victorieux mais au prix de lourdes pertes. En 689, il reprend Babylone au terme d'un siège de neuf mois. Abandonnant toute tentative de conciliation, il saccage ce centre religieux. Sénnachérib mourra en janvier 681, assassiné par deux de ses fils, probablement à Ninive.

Durant son règne, Sénnachérib s'illustre par la reconstruction de Ninive, dont il fait la capitale de l'empire. Il étend alors la ville, fait percer des rues et construire un palais magnifique ainsi qu'une double enceinte gigantesque, encore visible aujourd'hui. Il crée en outre un système d'adduction d'eau remarquable qui, par un aqueduc et des canalisations longues de 10 kilomètres, alimente les nombreux jardins et plantations établis autour de la capitale. Selon certains historiens, ces parcs seraient ceux que désigneraient à tort les célèbres jardins suspendus de Babylone, dont l'existence n'est pas avérée. Sénnachérib laisse aussi probablement son empreinte sur d'autres villes, telle Assour.

La Sagesse d'Ahikar, texte babylonien remontant au moins au ve siècle av. J.-C., décrit Sénnachérib comme un roi de bonne réputation tandis que ce même récit, évoqué dans le livre de To [...]

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  • : professeur émérite de langues sémitiques à l'université du pays de Galles à Cardiff, auteur

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Henry W. F. SAGGS, « SÉNNACHÉRIB ou SIN-AHÉ-ÉRIBA, roi d'Assyrie (704-681 av. J.-C.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sennacherib-sin-ahe-eriba/