SAINT-DOMINGUE, ville

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Saint-Domingue (Santo Domingo), première ville fondée par les Espagnols dans le Nouveau Monde, puis capitale de la république Dominicaine, a été d'abord bâtie sur la rive gauche de la rivière Ozama avant d'être transférée sur la rive droite en 1496, à l'initiative de Bartolomé Colomb, frère de l'amiral. Baptisée Nueva Isabela en hommage à la reine Isabelle la Catholique, elle a été reconstruite, après sa destruction par un cyclone en 1502, par le nouveau gouverneur de la colonie qui lui donna le nom de Santo Domingo de Gúzman.

Dominicaine (République) : carte administrative

Carte : Dominicaine (République) : carte administrative

Carte administrative de la République dominicaine. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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À proximité du fleuve, enserrée entre des murs qui rappellent le combat héroïque de ce peuple pour le maintien de son indépendance, la capitale dominicaine abrite l'un des plus beaux joyaux d'architecture coloniale. Avec sa cathédrale du début du xvie siècle (construite entre 1521 et 1541), ses nombreux édifices administratifs, ses couvents et ses maisons patriciennes, la vieille ville a été classée au patrimoine mondial de l'humanité par l'U.N.E.S.C.O. en 1990, et fait l'objet d'une préservation minutieuse qui lui vaut l'afflux de nombreux touristes.

En tant que capitale coloniale, Saint-Domingue en vint à désigner le pays tout entier, car c'était la seule escale de la marine espagnole en provenance de l'Europe ou de Cuba sur le chemin du retour. Toutefois, la ville a beaucoup souffert des pillages des pirates et corsaires, et plus encore du déclin de la colonie et de son abandon par les conquistadores, au début du xvie siècle, attirés par les gains plus sûrs du continent sud-américain. Jusqu'au xixe siècle, elle n'était donc qu'une simple bourgade, point de relâche pour les caboteurs impliqués dans le commerce des peaux et la coupe du bois.

Capitale de la république Dominicaine indépendante à partir de 1844, elle a subi la concurrence de Santiago de los Caballeros, la métropole de la riche plaine du Cibao (au nord). Mais grâce à l'économie sucrière de la fin du xixe siècle, qui a généré un afflux important de capitaux étrangers, elle est devenue la capitale sans conteste de l'économie dominicaine.

Le dictateur Trujillo, qui régna sur le pays de 1930 à 1961, a fait de Saint-Domingue (rebaptisée Ciudad-Trujillo entre 1935 et 1960) une capitale digne de sa politique excessivement centralisatrice et autoritaire. Il a élaboré des plans d'urbanisme, après la destruction de la ville par un cyclone en 1930, qui ont favorisé la percée d'avenues monumentales plantées d'arbres. De 30 000 habitants en 1920, la population est passée à 75 000 en 1935, à 200 000 en 1950 et à 2 800 000 (pour l'agglomération) en 2006. De l'époque de Trujillo datent les quartiers résidentiels destinés à la classe moyenne et à la clientèle élargie du régime (Villa Consuelo, Ensanche Luperón). De nouveaux quartiers de gratte-ciel sont également construits le long du malecón (jetée). Ce sont souvent des hôtels de luxe pour une clientèle étrangère alléchée par la douceur de vivre et les bas prix des prestations touristiques. Cet eldorado urbain a provoqué l'afflux de nombreux migrants ruraux et l'absence de mesures efficaces pour le logement des plus pauvres a entraîné le développement de bidonvilles sur les berges de l'Ozama et le long de l'autoroute conduisant à l'aéroport.

Saint-Domingue accueille les équipements et les infrastructures les plus modernes du pays : le port de Haina, situé à l'ouest de la ville, reçoit les deux tiers des importations du pays et assure les trois quarts des exportations nationales. La prospérité de la ville repose aujourd'hui sur les zones franches industrielles et sur le tourisme. C'est également la capitale politique, intellectuelle et artistique du pays, avec une dizaine de campus universitaires publics et privés fréquentés par des étudiants nationaux et étrangers.

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Écrit par :

  • : agrégé de géographie, maître de conférences à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne

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Dans le chapitre « Naissance d'une littérature »  : […] Pendant la première moitié du xvi e  siècle, la ville de Saint-Domingue devient la capitale culturelle du Nouveau Monde, et de son Université et de ses couvents sortent les premiers manuels d'évangélisation et les premiers traités d'ethnologie qui constituent l'apport essentiel de la littérature missionnaire. Néanmoins, durant l'époque coloniale, la littérature fut loin d'avoir, à Saint-Domingue, […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jean Marie THÉODAT, « SAINT-DOMINGUE, ville », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/saint-domingue-ville/