POLANSKI ROMAN (1933- )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Roman Polanski est le premier des cinéastes issus de ce qu'on appelait alors « le bloc de l'Est » à avoir réalisé un film à Hollywood (Rosemary's Baby, 1968). Auparavant, après un seul long-métrage en Pologne (Le Couteau dans l'eau, 1962), il avait acquis le statut de cinéaste international avec Répulsion (1965) et Cul-de-sac (1966), deux productions britanniques. Si Roman Polanski a souvent attiré l'attention des médias pour des raisons extra- cinématographiques, son œuvre, constituée de quelque vingt longs-métrages et dont le sommet a été atteint avec Le Pianiste (palme d'or du festival de Cannes 2002), ne fait aucune concession au goût supposé du public. Elle choisit de jouer sur le malaise suscité par des situations ambiguës, inquiétantes ou angoissantes, du Couteau dans l'eau à Carnage (2011), en passant par Rosemary's Baby, Le Locataire (1976), Lunes de fiel (1992) ou La Jeune Fille et la mort (1995). Souvent, un humour féroce, incongru ou grinçant vient compenser cette inquiétude (Cul-de-sac, Le Bal des vampires, 1967 ; Quoi ?, 1973, ou Carnage).

Survivre à la destruction

Roman Polanski est né à Paris le 18 août 1933 de parents juifs non pratiquants. Ne pouvant imaginer la mise en œuvre à venir du génocide, la famille s'installe trois ans plus tard à Cracovie. Dès 1939, après un détour par Varsovie, et alors que l'armée allemande vient d'entrer en Pologne, elle se retrouve emprisonnée dans le ghetto de Cracovie. En 1941, la mère disparaît, déportée à Auschwitz. En 1943, le père est envoyé à Mauthausen. Il en reviendra au bout de deux ans. Entre-temps, le jeune Roman a pu s'échapper du ghetto. Il passe d'une famille d'accueil à une autre, fait l'épreuve de la misère et de la faim. Il connaît ensuite la difficulté, en régime communiste, d'être le fils d'un commerçant, donc un « bourgeois ». Mais il réussit ses études aux Beaux-Arts, est acteur, entre autres dans le premier long-métrage d'Andrzej Wajda, Une fille a parlé (ou Génération, 1954). Surtout, il est admis à l'École nationale de cinéma de Łódź, fondée en 194 [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages




Écrit par :

  • : critique et historien de cinéma, chargé de cours à l'université de Paris-VIII, directeur de collection aux Cahiers du cinéma

Classification


Autres références

«  POLANSKI ROMAN (1933- )  » est également traité dans :

LE PIANISTE (R. Polanski)

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre JEANCOLAS
  •  • 1 035 mots

En mai 2002, lors de sa présentation au festival de Cannes, deux jours avant que le jury ne lui décerne la palme d'or, Le Pianiste, seizième long-métrage de Roman Polanski, avait été accueilli plutôt fraîchement par les critiques français. Quatre mois plus tard, les regards avaient changé, à quelques e […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-pianiste/#i_17454

ROSEMARY'S BABY, film de Roman Polanski

  • Écrit par 
  • Laurent JULLIER
  •  • 868 mots
  •  • 1 média

Roman Polanski avait déjà exploré dans Répulsion (1965) le thème de la jeune femme en lutte avec des démons intérieurs – avec Rosemary's Baby les forces qui contreviennent à l'épanouissement de l'héroïne s'incarnent cette fois dans les membres de son entourage. Polanski reviendra sur la dimension paran […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rosemary-s-baby/#i_17454

GORDON RUTH (1896-1985)

  • Écrit par 
  • André-Charles COHEN
  •  • 523 mots

Né en 1896 à Quincy (Massachusetts), Ruth Gordon avait commencé sa carrière dans des films muets produits à Fort Lee ( Camille , 1915 ; The Whirl of Life , ibid .). Elle la poursuivit à Broadway où, en 1937, elle donne une interprétation peu conventionnelle de Nora, héroïne de Maison de poupée d'Ibsen. Sa prestation insolite ne passe pas inaperçue […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ruth-gordon/#i_17454

SOCIALISTES ART DANS LES PAYS

  • Écrit par 
  • Robert ABIRACHED, 
  • Louis MARCORELLES, 
  • Jean-Jacques NATTIEZ
  •  • 12 580 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Le cinéma polonais »  : […] Le cinéma polonais est le premier à donner le ton. Andrzej Munk, avec Un homme sur la voie ( Czlowiek na torze , 1955), Andrzej Wajda, avec Générations ( Pokolenie , 1954) et Kanal (1956), dépassent les conventions du fameux « réalisme socialiste  : Munk en mettant l'accent sur une aventure simplement humaine où s'est trouvé impliqué un cheminot, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/art-dans-les-pays-socialistes/#i_17454

VAMPIRE, cinéma

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 890 mots
  •  • 1 média

Le thème du vampire doit sa célébrité au cinéma. Dès le xviii e  siècle, Dom Calmet avait réuni tous les éléments du mythe (monstre buveur du sang des vivants, qui ne peut mourir que d'un pieu enfoncé dans le cœur), éléments repris, au xix e  siècle, par Collin de Plancy dans son Dictionnaire infernal et par de nombreux écrivains russes (Gogol, Al […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/vampire-cinema/#i_17454

Pour citer l’article

Joël MAGNY, « POLANSKI ROMAN (1933- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/roman-polanski/