WIENE ROBERT (1881-1938)

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Metteur en scène allemand, d'origine tchèque, dont le nom reste attaché à l'archétype du film expressionniste : Le Cabinet du docteur Caligari (1919). On a dit que Robert Wiene ne fut qu'un docile exécutant, les qualités du film revenant au scénariste Carl Mayer et aux décorateurs Herman Warm, Walter Röhrig et Walter Reimann. L'expressionnisme absolu rejoint en effet le théâtre, use de décors plats et peints (y compris les ombres) qui contraignent la caméra à la fixité et à la distance. Quant aux acteurs, Werner Krauss, Lil Dagover et Conrad Veidt, ils étaient eux-mêmes plus imprégnés d'expressionnisme que leur propre « directeur ».

Le Cabinet du docteur Caligari

Le Cabinet du docteur Caligari

photographie

Le Cabinet du docteur Caligari, le film-manifeste de l'école expressionniste allemande, de Robert Wiene, sur un scénario de Carl Mayer (1919). 

Crédits : Hulton Getty

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Après cette histoire fantastique — justifiant les outrances —, qui dénonçait un état d'âme annonciateur du nazisme (selon Siegfried Kracauer dans son essai De Caligari à Hitler), Wiene tourna dans le même esprit Genuine (1920), Raskolnikoff (1922), d'après Dostoïevski, et Les Mains d'Orlac (1924), à nouveau avec Conrad Veidt, et qui est son autre grande réussite. Mais il ne sortit pas de l'impasse du « caligarisme ». Ses films antérieurs — il avait commencé à tourner en 1916 —, comme la quinzaine de longs-métrages qu'il réalisa entre 1925 et 1938, ont sombré dans l'oubli. Exilé par le nazisme, il vécut tant bien que mal à Paris et mourut sans pouvoir achever Ultimatum, repris par Robert Siodmak.

—  Victor BACHY

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Pour citer l’article

Victor BACHY, « WIENE ROBERT - (1881-1938) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-wiene/