BEER-HOFMANN RICHARD (1866-1945)

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Né à Vienne, fils d'avocat, Richard Beer-Hofmann fait des études de droit sans pourtant ressentir pour elles une attirance particulière. En 1938, il quittera l'Autriche parce que juif et mourra à New York, en exil. Son œuvre, si elle est peu abondante, n'a pourtant pas vieilli.

En 1893, un recueil de nouvelles, L'Enfant (Das Kind), passe inaperçu, ou presque. Pourtant, Hofmannsthal, Schnitzler et Bahr, qui ont encouragé Beer-Hofmann dès le départ, devinent en lui le poète capable d'exprimer la nostalgie et l'angoisse dont souffre l'Autriche-Hongrie d'avant-guerre. Un tout petit poème, « Berceuse pour Myriam » (« Schlaflied für Mirjam », 1897), va venir justifier de la confiance témoignée. En regardant sa fille dormir, le poète réfléchit à la condition humaine, solitude essentielle dans un monde pourtant riche en beauté. Tandis que l'enfant ignore encore la différence entre la mort et le soleil, symbole de vie, l'adulte se sent poussé par un destin aveugle : « Nous ne sommes tous que rives. »

Le thème de cette plainte revient sous une forme plus élaborée dans la pièce La Mort de Georges (Der Tod Georgs, 1897, publiée en 1900), monologue intérieur riche en images. Le héros hésite entre deux attitudes opposées : sous chacun de ses pas, des possibilités de vie meurent en germe ; qu'il reste sur place, toutefois, et l'herbe sous ses pieds se desséchera. Une seule issue donc : la mort. Georges vit en rêve des scènes qui, par leur sensualité brutale, rappellent le sabbat du Faust de Goethe. Avec son drame, Le Comte de Charolais (Der Graf von Charolais, 1905), Beer-Hofmann connaîtra un succès d'« outsider ». Un fils lutte pour obtenir le corps de son père, mort endetté. Selon une antique loi, les créanciers peuvent garder ce corps jusqu'à ce que l'héritier les ait dédommagés. Ce thème, emprunté aux élisabéthains, est traité dans un style délibérément poétique ; le plan de la pièce comporte des lacunes que l'auteur cherche à pallier par l'emploi de superbes descriptions. Dans son drame Le Comte de [...]


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Dans le chapitre « La fin d'un monde »  : […] Une formule de Hermann Broch : « La joyeuse apocalypse viennoise », rend bien compte de l'atmosphère de fin du monde qui s'installe en Autriche après Solferino, Sadowa et le krach de 1873. C'est le règne, dans tous les domaines, de la belle apparence et du décor. C'est l'époque d'une architecture sans style, l'époque des grands cortèges historiques imaginés par Hans Makart , le peintre à la mode, […] Lire la suite

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Lore de CHAMBURE, « BEER-HOFMANN RICHARD - (1866-1945) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/richard-beer-hofmann/