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REVENU

Comme l'indique le terme lui-même, le revenu est ce qui revient. Il s'agit donc d'un flux de ressources, soumis à une certaine périodicité – par exemple, celle des saisons, avec les récoltes qui ont lieu chaque année et les « rentrées » qu'elles procurent, équivalent sémantique de l'anglais. Le revenu est donc différent de la richesse qui, elle, désigne un stock ; il existe toutefois un lien étroit entre revenu et richesse, celle-ci engendrant celui-là. En effet, comme la richesse est formée d'un stock de biens (ou de droits de propriété sur des biens, comme les actions) utilisés dans des activités productives (directement ou à travers des prêts), elle est à l'origine de revenus (via la location d'éléments constitutifs de la richesse comme des machines, des terrains, des immeubles, etc.) pouvant notamment prendre la forme de profits, de dividendes, ou d'intérêts. La richesse peut alors être évaluée à partir de la somme de ces revenus, présents et futurs, en tenant compte de leur date de disponibilité. Ainsi, la valeur actuelle – c'est-à-dire, à une date de référence – d'un revenu S disponible à une date future t, est par définition égale à S /(1+i)t, où le nombre i est appelé taux d'actualisation. Par exemple, la valeur d'un immeuble sera la somme (actualisée) des loyers (déduction faite des coûts d'entretien et de fonctionnement) qu'il procurera pendant toute son existence. Par analogie, Gary Becker (Human Capital, 1964) a appelé capital humain d'une personne la somme des valeurs actuelles que celle-ci touchera pendant toute sa vie. Cette évaluation ne peut évidemment qu'être approximative, étant donné l'incertitude pouvant peser sur les revenus futurs, mais aussi sur le taux d'actualisation.

L'évaluation du revenu

Ce qui revient est, en fait, ce qui est produit (par la terre, par exemple) – puis réparti entre diverses personnes (physiques ou morales). Toute production a donc pour contrepartie des revenus qui, pris ensemble, lui sont égaux (c'est ce que l'on appelle parfois les revenus primaires). Produit et revenu sont les deux facettes d'un même phénomène. C'est pourquoi on parle indifféremment du produit d'un pays (appelé produit intérieur brut, PIB) ou de son revenu national. Comment évaluer ce produit ? Pour certains, on peut le faire à partir du temps de travail (présent et passé) consacré à l'obtenir – le produit de ce travail se répartissant ensuite en salaires (revenu des travailleurs), profits (revenu des capitalistes) et rentes (revenu des propriétaires fonciers). En revanche, pour d'autres, tout revenu est la rémunération d'un service rendu, donc d'une contribution à la production – ouvriers, employés, commerçants, enseignants, policiers, militaires, avocats, fonctionnaires de tout ordre, psychanalystes, etc., contribuent ainsi au produit national. Celui-ci est alors évalué en faisant la somme de leurs revenus. Cette évaluation suppose cependant que l'on se donne un système de prix de référence. Si on note p le prix d'un bien (ou d'un service, comme le travail) et q la quantité de ce bien (ou service), alors le revenu sera obtenu en faisant la somme de termes de la forme p × q, qui sont en fait des nombres n'ayant pas de sens en soi (ils dépendent en effet de l'unité monétaire choisie). Une façon de lui en donner consiste à évaluer son pouvoir d'achat, c'est-à-dire la quantité d'un bien (ou d'un panier de biens, servant de référence) qu'il peut acheter. On parle alors de revenu réel, par opposition au revenu nominal, mesuré en unités monétaires. Bien entendu, le revenu réel dépend du bien (ou du panier de biens) à partir duquel il est mesuré.

Lorsque le prix d'un bien varie, à revenu nominal donné,[...]

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Écrit par

  • : maître de conférences en sciences économiques à l'université de Reims

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Pour citer cet article

Ozgur GUN. REVENU [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 10/02/2009