VAUGHAN WILLIAMS RALPH (1872-1958)

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Fils d'un pasteur fortuné du Gloucestershire, descendant des Wedgwood par sa mère, Ralph Vaughan Williams passe son enfance et une grande partie de sa vie dans le Surrey où se trouve la propriété de sa famille maternelle, qui s'y replie dès 1875 à la mort de son père. C'est ensuite pour l'adolescent et le jeune homme la voie royale d'une éducation privilégiée, d'abord reçue à Charterhouse School (Londres), puis à Trinity College (Cambridge), parallèlement à une formation musicale de haut niveau dispensée par le Royal College of Music, notamment sous la direction de Charles Villiers Stanford et de Hubert Parry. Élève de Max Bruch à Berlin (1897), il devient en 1901 docteur en musique de Cambridge et va chercher en 1908 à Paris les conseils éclairés de Maurice Ravel, dont il tirera le meilleur bénéfice du point de vue de l'exigence de l'écriture et de la concision du style. Au-delà de quelques essais de jeunesse, ce n'est en fait que vers la trentaine avancée qu'il s'engagera sur la voie d'une activité créatrice qu'il n'abandonnera, d'ailleurs, qu'à l'article de la mort. Sa carrière sera consacrée tout entière à la musique comme organiste, musicologue, conférencier, éditeur, chef d'orchestre, pédagogue, et surtout, bien sûr, compositeur.

Ralph Vaughan Williams

Photographie : Ralph Vaughan Williams

Le compositeur britannique Ralph Vaughan Williams dirige ici le Boyd Neel Orchestra, au cours de répétitions pour le Kings Lynn Festival à Londres, le 29 juillet 1953. 

Crédits : Ron Burton/ Keystone/ Getty Images

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Son œuvre, aussi vaste que diverse, est animée de bout en bout par une imagination constamment en éveil, une extraordinaire faculté de renouvellement et un puissant souffle créateur. Un double courant d'inspiration la caractérise : d'une part, une référence passionnée au folksong assumé comme source d'expression de l'âme nationale, d'autre part, trait curieux chez cet agnostique, la prise en compte d'un patrimoine spirituel qui va jusqu'à revêtir parfois des accents mystiques ou visionnaires.

La première veine, appuyée sur une recherche ethnomusicologique qu'il poursuit pendant toute sa vie et nourrie d'un corpus de chansons de tradition orale recueilli sur les lèvres des habitants des campagnes les plus reculées d'Angleterre, est aussi bien représentée dans sa production par les transcriptions les plus simples que par les traitements les plus élaborés. Parmi les partitions de création où elle affleure, il faut citer au moins On Wenlock Edge (1909), les Five Variants on Dives and Lazarus (1939), et les Folksongs of the Four Seasons (1950) dans le domaine purement vocal et instrumental, tandis que sur la scène elle est aussi largement exploitée dans le « ballad-opera » Hugh the Drover (1914), l'opéra Sir John in Love (1929), le ballet Job (1930) et l'opéra Thomas the Rhymer qui, écrit en 1958, l'année même de la mort du compositeur, n'eut pas le temps d'être orchestré. Il faut ajouter à ces quelques titres toutes les partitions — innombrables — où, à l'instar de Bartók en Europe centrale, Vaughan Williams, ayant parfaitement assimilé les sources traditionnelles de la musique de son pays, en fait le fondement d'un langage modal qui, débarrassé de toute citation directe, devient l'expression achevée d'un véritable folklore imaginaire.

Quant à l'autre source majeure d'inspiration du musicien, celle qui donne à son œuvre une dimension spirituelle de niveau exceptionnel, elle féconde des pages aussi diverses que les Five Mystical Songs (1911) sur des poèmes de George Herbert, la Messe en sol mineur (1923), l'oratorio Sancta Civitas (1926), les Three Choral Hymns (1930), le Magnificat (1932), le dramatique et personnel Dona nobis pacem (1936) sur des poèmes de Whitman, la cantate de Noël Hodie (1954), à quoi il convient d'ajouter, parmi bien d'autres œuvres, la moralité tirée du Pilgrim's Progress de Bunyan, qui, sous le même titre, fut créée en 1951 au Covent Garden.

Inspiration folklorique et inspiration religieuse se rencontrent dans maintes pages, de moindre dimension sinon de moindre mérite, qu'on ne peut qu'évoquer au passage. Mais, parmi les partitions majeures caractéristiques de cette confluence, il convient de garder en mémoire le ballet Job, déjà cité, et, au nombre des œuvres purement orchestrales, certaine Symphonie en ré mineur — la cinquième d'une production de neuf dont chacune mériterait une mention particulière —, qui, écrite en 1943 en pleine tourmente de la Seconde Guerre mondiale, rayonne, en son langage modal, d'une spirituell [...]

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Écrit par :

  • : agrégé de l'Université, docteur ès lettres, professeur à l'université de Rouen, musicologue, chef d'orchestre

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  • Écrit par 
  • Jacques MICHON
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Dans le chapitre « Autour de Vaughan Williams »  : […] Avec Elgar, Ralph Vaughan Williams (1872-1958) domine l'Angleterre musicale de la première moitié du xx e  siècle. Sa puissante personnalité en fait à double titre le chef d'une école nationale : à l'instar de Bartók en Europe centrale, il puise les matériaux de son art dans un folklore qui, de la citation directe à l'allusion la plus subtile, imprègne la majeure partie de son œuvre ; il rejoint […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jacques MICHON, « VAUGHAN WILLIAMS RALPH - (1872-1958) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ralph-vaughan-williams/