POINTE-SÈCHE

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Outil dont se servent les artistes pour graver une plaque de métal ; par extension, le terme désigne le procédé qui découle de l'utilisation de la pointe ou même l'épreuve imprimée qui en résulte. Les premiers graveurs en taille douce utilisaient un burin, qui demeura l'instrument de prédilection de la gravure classique et académique. Le burin creuse le métal plus ou moins profondément en enlevant un copeau de forme triangulaire. Les arêtes des tailles ainsi formées sont donc vives, et le trait, une fois imprimé, est pur et sec. Pour creuser le métal, l'artiste doit appuyer assez fort, et son geste est soumis à la nécessité de travailler lentement dans un mouvement relativement continu et régulier. Une telle technique, portée à sa perfection au cours du xviie siècle, entravera la liberté et la spontanéité des artistes des siècles suivants. La pointe-sèche pallie ces inconvénients : au lieu d'enlever le métal, elle ne fait que l'égratigner, repoussant plus ou moins sur les arêtes des tailles deux reliefs hérissés d'aspérités minuscules appelées barbes. L'artiste peut alors soit ébarber sa planche, et obtenir un effet plus proche de celui du burin, soit conserver les barbes qui retiendront l'encre de chaque côté des traits, formant ainsi, à l'impression, un halo plus doux autour de chaque ligne, comme si l'on avait imprimé sur du papier buvard. Si les tailles sont très rapprochées, l'encre retenue par les barbes peut se confondre et former des taches très noires, impossibles à obtenir par le burin, où chaque taille est bien distincte des autres. Mais le principal avantage de la pointe-sèche est de fournir aux artistes une grande liberté d'écriture, car le mouvement de la main est plus souple. Cependant, l'artiste doit tenir compte du métal qui fait aisément déraper la pointe, et la ligne de la pointe-sèche, sans être aussi rigoureuse que celle du burin, est assez souvent heurtée. C'est pourquoi les artistes qui [...]

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Écrit par :

  • : directeur de la bibliothèque publique d'information, Centre Georges-Pompidou

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GRAVURE

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Dans le chapitre « La gravure en creux : le trait »  : […] les seules techniques de gravure en taille-douce pratiquées durant la Renaissance, avec la pointe sèche, variante du burin où l'on emploie une fine pointe d'acier qui incise à peine le métal, et où on laisse de chaque côté du trait les fines griffures de métal ainsi produites. L'encre se fixe dans ces barbes, et l'on obtient ainsi une impression […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gravure/#i_23249

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Pour citer l’article

Michel MELOT, « POINTE-SÈCHE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/pointe-seche/