LOTI PIERRE (1850-1923)

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Très tôt après sa mort, Pierre Loti était tombé dans un discrédit profond. Mais depuis les années 1980, il connaît une faveur nouvelle. Ce n'est plus la gloire qui l'avait entouré de son vivant – lui qui fut en son temps le plus jeune académicien français –, mais une réévaluation en prise avec nos préoccupations actuelles. Amorcée en 1972 par un article de Roland Barthes sur Aziyadé, elle se poursuit par la réédition à peu près complète d'une œuvre qui n'était plus guère accessible et, surtout, par la publication de son Journal, jusqu'alors inédit, d'abord sous forme de fragments (Cette éternelle nostalgie, Soldats bleus), puis dans son intégralité. Se sont également multipliées biographies et études critiques qui proposent de Loti une vision bien différente de la fade image d'Épinal demeurée dans la mémoire du public et selon laquelle Loti se réduirait à un écrivain pour dictées et pour bibliothèques de familles provinciales.

Portrait de Pierre Loti, H. Rousseau

Portrait de Pierre Loti, H. Rousseau

Photographie

Henri Rousseau, Portrait de Pierre Loti, 1891. Huile sur toile, 62 cm × 52 cm. Kunsthaus, Zurich, Suisse. 

Crédits : De Agostini

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La création d'un personnage

Cette redécouverte est facilitée par la vague actuelle de l'autofiction ; l'œuvre de Loti, en effet, est inséparable de sa vie, trace d'une existence promenée aux quatre coins du monde sur les navires de la Marine nationale à laquelle l'officier Julien Viaud (tel est son nom véritable), né en 1850, est resté fidèle de 1867, date de son entrée à l'École navale, jusqu'en 1910, date de sa mise à la retraite.

De ses premières escales (île de Pâques, Tahiti, Sénégal, Monténégro, Constantinople), Julien Viaud, excellent dessinateur (il fut formé en cette discipline par Marie, sa sœur aînée, qui avait reçu l'enseignement d'un célèbre peintre de l'époque, Léon Cogniat), adresse à des magazines illustrés des dessins qui, publiés sous forme de gravures accompagnées de brefs commentaires, constituent en fait les premières publications de celui qui n'est pas encore Pierre Loti. De Tahiti (où il fait une double escale en 1872 qui donnera Le Mariage de Loti, 1880, son deuxième livre, celui qui le rend célèbre), il avait rapporté un surnom (« loti » signifie laurier-rose, couleur rose) qui fu [...]

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Pour citer l’article

Bruno VERCIER, « LOTI PIERRE - (1850-1923) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-loti/