PÂRIS PIERRE ADRIEN (1745-1819)

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Né à Besançon, où son père exerce la profession de géomètre, architecte et maître de chantier, Pierre Adrien Pâris suit celui-ci en Suisse où le prince évêque de Bâle l'appelle pour s'occuper des travaux d'embellissement de son château (1750). Nommé directeur des bâtiments de la principauté (1767), Pâris ne quittera plus Porrentruy, la résidence des évêques de Bâle, et c'est lui qui formera son fils, avant de l'envoyer se perfectionner dans l'atelier de l'architecte parisien L. F. Trouard qui le présente aux concours de l'Académie. Malgré plusieurs tentatives, Pâris n'obtient qu'un accessit au grand prix de 1768 (projet de théâtre), mais il s'était fait remarquer par le premier gentilhomme de la Chambre en exercice, le duc d'Aumont, qui sollicite pour son protégé une bourse d'étude en Italie. Cette protection et ce voyage sont la clé de la carrière exceptionnelle de Pâris qui reste cinq ans à Rome (1769-1773) où il devient un des meilleurs connaisseurs des antiquités de la ville et de ses environs. Cicérone émérite, c'est lui que le financier Bergeret choisit pour guider ses visites (lors de son voyage avec le peintre Fragonard) ; dessinateur talentueux, il est employé par Charles De Wailly lors de son passage à Rome ; enfin, lié avec l'abbé de Saint-Non, il collabore à son Voyage pittoresque ou Description des royaumes de Naples et de Sicile. Rentré en France, auréolé d'un prestige rare pour un jeune artiste, Pâris retrouve la protection du duc d'Aumont et décore les appartements de son hôtel (l'actuel hôtel Crillon, place de la Concorde ) ; mais il n'oublie pas son ancien protecteur et envoie au prince-évêque de Bâle un superbe projet de reconstruction de sa résidence de Porrentruy (1776). En 1778, Pâris est nommé à la place de M.-A. Challe dessinateur de la chambre et du cabinet du roi : ces fonctions importantes au sein des Menus Plaisirs lui donnent la responsabilité de la plupart des décors des fêtes, des pompes funèbres, des théâtres, et de toutes les réalisations éphémères de la cour. Au retour d'un second voyage en Italie (1783), Pâris s'arrête en Suisse, où la ville de Neuchâtel, qui a rejeté les projets de Ledoux, lui demande les plans d'un hôtel de ville (1784-1790). Rentré à Paris, il reprend ses fonctions avec le nouveau titre d'architecte des Menus Plaisirs (en 1780, il avait été élu membre de l'Académie d'architecture à la place de J.-G. Soufflot). Émigré pendant la Révolution, Pâris se réfugie chez un ami et mécène à Colmoulin, près du Havre, et donne par la même occasion les plans de reconstruction du château et d'aménagement du parc. Sous l'Empire, il part pour la troisième fois en Italie où il est nommé directeur par intérim de l'Académie de France à Rome (1805-1817). Rentré en France, déçu peut-être par les nouveaux responsables en place, il se fixe à Besançon, où il meurt en 1819, non sans avoir légué à la bibliothèque de sa ville natale sa fabuleuse collection de dessins, œuvre de toute une vie et témoignage rarissime, par son unité et son ampleur, de l'activité d'un des meilleurs artistes de la seconde moitié du xviiie siècle.

Grâce à cette collection nous pouvons apprécier l'activité de Pâris aux Menus Plaisirs où les décorations colorées et brillantes se succèdent sans interruption. Citons, parmi les innombrables décors pour l'Opéra de Paris, pour les théâtres de Versailles et de Fontainebleau, ceux d'Armide (1781), un décor de salon néo-gothique (1783), un autre dans le goût chinois (1783). Parmi les projets de pompes funèbres et de fêtes : le catafalque de l'impératrice Marie-Thérèse à Notre-Dame (1781), la salle de verdure et le corps du feu d'artifice élevé à Marly (1782), la salle à manger de la maison de bois pour les bals de la reine à Versailles (1785), la salle d'assemblée des notables (1787) et surtout l'imposante salle des états généraux, édifiée à Versailles dans l'hôtel des Menus Plaisirs (1789). On ne saurait trop insister sur l'importance de ces œuvres variées et neuves qui précédèrent souvent certaines réalisations durables, notamment de l'Empire, où le goût du faste à l'antique puise, non sans ingratitude, dans les réalisations de Pâris. L'œuvre de cet architecte, archéologue et dessinateur aux Menus Plaisirs a fait l'objet d'un livre important d'Alain-Charles Gruber, intitulé Les Grandes [...]

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Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-I-Sorbonne, directeur du centre Ledoux

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Daniel RABREAU, « PÂRIS PIERRE ADRIEN - (1745-1819) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-adrien-paris/