PIERO DELLA FRANCESCA (entre 1415 et 1420-1492)

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De « La Flagellation » aux fresques d'Arezzo

Si l'on compare La Flagellation et les autres œuvres de la jeunesse de Piero, on constate que le peintre a réalisé cette œuvre alors qu'il approchait de sa pleine maturité ; il faut donc admettre avec plusieurs historiens de l'art que cette œuvre n'a pas été réalisée avant le séjour du peintre à Ferrare ; il est en effet beaucoup plus vraisemblable qu'elle a été exécutée après la fresque représentant Sigismond Malatesta priant devant son saint patron (signé et daté de 1451), qui se trouve dans le temple des Malatesta à Rimini. Le séjour de Piero à Rimini augmente l'influence qu'exerce sur lui Alberti, il stimule également son intérêt pour l'architecture ; cet intérêt, qui, comme nous l'avons vu, existe déjà dans la fresque de saint Sigismond, deviendra prédominant dans La Flagellation. En observant attentivement la couleur qui se trouve au bord de ce tableau, le long du support de bois, on arrive à la certitude que ce dernier fut incorporé dans son cadre avant même de recevoir une couche de préparation. Par conséquent, lorsque cette couche fut enduite sur le support, les bords de celui-ci firent corps avec le bois de l'encadrement, grâce à une moulure qui, bien qu'abîmée, resta nettement visible lorsqu'on enleva le cadre qui entourait le tableau ; ce cadre a aujourd'hui disparu. Puisque cette moulure existe encore, on peut donc affirmer avec certitude que ce tableau a gardé ses dimensions originelles : ainsi les mots Convenerunt in unum que Passavant a lus sur le tableau ne pouvaient se trouver que sur l'encadrement. Les spécialistes ne sont pas d'accord en ce qui concerne l'identification du thème illustré par Piero. Pour sir Kenneth Clark, la flagellation symbolise les adversités de l'Église, qui atteignent leur point culminant avec la chute de Constantinople. Pour Marilyn Aronberg Lavin, au contraire, c'est le triomphe de la gloire chrétienne qui s'y trouve représenté. Mais ces deux interprétations contrastent l'une et l'autre avec celle qui avait été traditionnellement donnée par les écrivains locaux ; selon cette tradition, il fallait mettre en rapport le martyre du Christ avec la fin tragique d'Oddantonio da Montefeltro, représenté nu-pieds – justement parce qu'il est mort – entre les deux mauvais conseillers, Manfredo da Pio et Tommaso dell'Agnello, qui firent de lui la victime de la conjuration fomentée à Urbin en 1444. Mais, quel que soit le thème choisi par Piero della Francesca, on peut de toute façon affirmer que la réalisation de La Flagellation ne s'est pas faite sans une longue élaboration. Pour réaliser ce tableau, le peintre se livra sans aucun doute à de très longues réflexions et à des études approfondies ; Piero était en effet à la recherche d'une perfection absolue qui se fonde sur une nouvelle manière d'interpréter les sentiments, en les dépouillant de toute émotion et en les traduisant par des expressions de dignité impassible et sévère, le tout dans un accord parfait des images humaines et architecturales à qui la perspective assigne des positions et des développements inéluctables, « cage lumineuse, sans fissures, où l'humanité ne peut pas errer » (Chastel). Aussi petit qu'un tableau votif (hauteur 59 cm, longueur 81,5 cm), mais aussi grandiose qu'une fresque, ce tableau concilie la vision flamande et la vision italienne du cosmos. S'il est vrai, en effet, que le plus infime élément y est recherché et traité avec un soin minutieux et subtil, il est tout aussi évident que cette recherche est subordonnée à une logique mathématique absolue qui, assignant à chaque partie, aussi petite et aussi détaillée soit-elle, une fonction précise dans la construction perspective, lui confère une valeur spatiale prédominante, faisant passer au second plan chacun de ses aspects détaillés. Les recherches, les études et les expériences complexes qui préparèrent La Flagellation alimentèrent le génie créateur de Piero dans le chœur de San Francesco à Arezzo, où il peignit les scènes de La Légende de la vraie croix. C'est alors qu'apparaît de façon très puissante dans ces fresques la tendance qui le poussait à synthétiser les images dans leurs volumes essentiels, en les isolant dans l'espace, dans une exaltation héroïque de leur grandeur physique et morale imperturbable. L'exécution du cycle arétin eut pour point de départ La Mort d'Adam ; il y eut ensuite L'Adoration du bois de la croix et la rencontre de Salomon et de la reine de Saba, Le Transfert du bois de la croix, L'Annonciation

L'Adoration de la Sainte Croix, Piero della Francesca

Photographie : L'Adoration de la Sainte Croix, Piero della Francesca

Piero della Francesca, «L'Adoration de la Sainte Croix». Fresque appartenant au «Cycle de la Légende de la Vraie Croix», vers 1452-1459. San Francesco, Arezzo. 

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Fresque du cycle de La Légende de la Vraie Croix, P. della Francesca

Diaporama : Fresque du cycle de La Légende de la Vraie Croix, P. della Francesca

Piero della Francesca (entre 1415 et 1420-1492), Adoration de la Sainte Croix, à gauche, et La Rencontre de Salomon et de la reine de Saba, à droite, fresque du cycle de La Légende de la Vraie Croix. Chœur de San Francesco, Arezzo, Italie. 

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Le Baptême du Christ, Piero della Francesca

Le Baptême du Christ, Piero della Francesca
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L'Adoration de la Sainte Croix, Piero della Francesca

L'Adoration de la Sainte Croix, Piero della Francesca
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Fresque du cycle de La Légende de la Vraie Croix, P. della Francesca

Fresque du cycle de La Légende de la Vraie Croix, P. della Francesca
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La Victoire de Constantin sur Maxence, P. della Francesca

La Victoire de Constantin sur Maxence, P. della Francesca
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  • : consultant auprès des Musées du Vatican pour la restauration des œuvres d'art

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Pasquale ROTONDI, « PIERO DELLA FRANCESCA (entre 1415 et 1420-1492) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/piero-della-francesca/