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PERSONNE GRAMMATICALE

Modalité portée, explicitement ou implicitement, par le verbe dans l'énoncé et renvoyant aux différents cas du schéma de communication. Si l'on envisage la phrase nominale, et sans tenir compte de certains éléments isolés qui peuvent à eux seuls fournir un énoncé complet (« déjà ? », « interdiction de prendre des photos »), plusieurs configurations sont possibles.

On trouve d'abord le cas où l'énonciateur est également le thème du jugement énoncé ; c'est la première personne du discours, et toutes les langues connaissent une marque pertinente pour signifier cette identité. Cette marque peut, bien entendu, se présenter dans l'énoncé comme un pronom personnel ou sous la forme d'une opposition dans la flexion verbale ; il demeure qu'elle est, de toute façon, distincte de toute autre possibilité et fonctionne de manière pertinente. Dans le cas où l'énonciateur n'est pas le sujet explicite de l'énoncé, on a, de nouveau, plusieurs possibilités : ou bien le destinataire est sujet, et c'est ce qu'on appelle classiquement la deuxième personne, à condition toutefois de bien entendre derrière cette dénomination des phénomènes aussi divers que « je dis que tu » (le « constatif »), « je veux que tu » (le « jussif »), fréquemment transcrit par le mode impératif, sans indication de personne, « je souhaite que tu » (l'« optatif ») ; ou bien, ni le locuteur ni le destinataire ne sont impliqués dans l'énoncé, mais seulement quelque objet du monde, désigné par une référence gestuelle (« ce cheval ») ou de discours (le système des noms propres, les substituts anaphoriques des différents segments énoncés précédemment et dont on fait l'économie, etc.) : on a alors affaire à la troisième personne grammaticale qui, outre qu'elle renvoie aux catégories de pensée déjà données ci-dessus (« je vois », « je dis », « je pense qu'il »), recouvre en fait un ensemble disparate d'éléments dont le seul dénominateur commun est qu'ils supposent presque tous une valeur « déictique » dont le démonstratif est exemplaire. C'est la raison pour laquelle on parle fréquemment de non-personne, à propos des substituts (il, elle, etc.), issus, d'un point de vue diachronique, d'un simple démonstratif.

— Robert SCTRICK

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • CATÉGORIES LINGUISTIQUES

    • Écrit par Robert SCTRICK
    • 287 mots

    Malgré les fréquents glissements que l'on constate dans l'usage et qui tendent à confondre l'emploi de ce mot avec celui de classe, on peut, au sens étroit, assigner au terme de catégories un rôle essentiellement métalinguistique : en effet, alors que la classe est l'ensemble des éléments...

  • CHAMITO-SÉMITIQUES LANGUES

    • Écrit par David COHEN
    • 2 753 mots
    Outre les marques personnelles qui constituent les éléments flexionnels du verbe,il existe deux séries de pronoms personnels : une série de formes autonomes et une série de formes affixes. Affixé à un verbe, le pronom en constitue le complément direct, tandis que son annexion à un nom constitue...
  • INJONCTION, linguistique

    • Écrit par Louis-Jean CALVET
    • 430 mots

    On appelle injonction toute attitude énonciative destinée à obtenir de l'interlocuteur qu'il se comporte selon le désir du locuteur, qu'il s'agisse d'un ordre ou d'une défense. Dans la langue, le mode de l'injonction est, par excellence, l'impératif, qui ne connaît, de façon toute naturelle,...

Voir aussi