NOUGÉ PAUL (1895-1967)

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On ne peut comprendre l'œuvre du poète et théoricien Paul Nougé si l'on imagine que le groupe surréaliste de Bruxelles n'aurait été qu'un prolongement du surréalisme français. Les désaccords sont plus nombreux que les points de convergence, et la figure de Nougé est davantage celle d'un solitaire que d'un homme de groupe. Ses études le conduisent au métier de biochimiste dans un laboratoire médical, jusqu'à son licenciement en 1953. Il participe en 1919 à la création de la section belge de la IIIe Internationale, qui fonde le Parti communiste belge. Tandis que paraît à Paris le Manifeste du Surréalisme en 1924, Nougé rédige avec Camille Goemans et Marcel Lecomte des « tracts », qu'il publie sous forme de revue : Correspondance. Ces feuillets de couleur numérotés, envoyés à quelques dizaines d'exemplaires à des personnes choisies, s'emploient entre autres à tourner en ridicule la revue Arts et son discours constructiviste. En 1925, Nougé rencontre Breton, Aragon et Eluard, animés comme lui par la passion de la révolte, et son nom apparaît plusieurs fois dans La Révolution surréaliste. C'est dans cette revue que paraît le manifeste « La Révolution d'abord et toujours ! » qui rassemble les militants de Clarté, les surréalistes français et belges et la revue Philosophies contre la guerre du Maroc, et qui défend l'idée que la révolution passe d'abord par la lutte des classes. Le tract « À l'occasion d'un manifeste » mettra d'ailleurs en lumière des réticences de la part de Nougé. Sa pensée garde toute sa singularité, comme pourra en convaincre plus tard la lecture de René Magritte ou les images (1943). Cet homme, dont ses amis Scutenaire, Souris ou Mariën ont souligné la discrétion, l'austérité et la rigueur, a toujours refusé le rôle de maître à penser et a manifesté peu d'intérêt pour la publication de ses œuvres. Le 2 février 1926 à Ixelles, le groupe propose « un concert suivi d'un spectacle » où l'avant-garde musicale (Satie, Auric, Milhaud, Stravinski) est ridiculisée. Dans Quelques écrits et quelques [...]

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BELGIQUE - Lettres françaises

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Dans le chapitre « Le refoulement des avant-gardes »  : […] Scutenaire, Mesens, Souris, Lecomte ou Colinet, s'opère autour de la forte figure de Paul Nougé – celui-là même qui, en 1929, ose mettre en garde Breton en ces termes : « J'aimerais assez que ceux d'entre nous dont le nom commence à marquer un peu l'effacent. » Poète, Nougé est un intellectuel rigoureux, fasciné par Valéry, et un homme engagé qui […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/belgique-lettres-francaises/#i_89591

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lancèrent pour « désédimenter » les poncifs de la littérature. Il en découvrit la nature dès sa première lecture de Nougé et en retint l'esprit, qui lui convenait, même s'il le fit jouer avec moins de raideur mais tout autant d'acuité. Ainsi le vit-on s'adjoindre, dès 1926, au groupe des fondateurs qu'avaient rejoint Magritte, Mesens et Souris […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-scutenaire/#i_89591

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Rassemblés autour du peintre René Magritte (1898-1967) et de Paul Nougé (1895-1967), les surréalistes bruxellois, où apparaissent notamment Camille Goemans (1900-1960), E. L. T. Mesens (1903-1971), Marcel Lecomte (1900-1966) et le musicien André Souris (1899-1970), […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/surrealisme-en-belgique/#i_89591

Pour citer l’article

Michel P. SCHMITT, « NOUGÉ PAUL - (1895-1967) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/paul-nouge/