Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

PATAGONIE

La Patagonie argentine, région immense de 800 000 kilomètres carrés et ne comptant que quelque deux millions d'habitants en 2001, est composée de grandes vallées et de lacs dans la région septentrionale, de massifs et de plateaux arides et vides dans le Centre et dans le Sud.

Sur une cinquantaine de kilomètres à partir de la confluence du Limay et du Neuquén, la vallée du río Negro, dégagée par les décharges fluvio-glaciaires dans les assises pliocènes du plateau, constitue le dernier grand domaine d'agriculture intensive irriguée. Il présente les mêmes caractères de dynamisme technique et commercial, de densité et d'urbanisation que les périmètres du Cuyo (près de Mendoza), mais accentués ici du fait de leur aménagement plus récent et plus directement organisé par les maîtres du transport, de la terre et du capital. Les agriculteurs d'origine italienne exploitent la main-d'œuvre venue du Chili pour produire des fruits à couteau (pommes surtout), qui sont destinés aux marchés du Brésil tropical et de l'Europe en contre-saison. Un second domaine agricole est aménagé dans la vallée inférieure autour de Viedma, la capitale de la province du Río Negro. Les lacs de la cordillère, qui rappellent ceux des Alpes italo-suisses, attirent un nombre croissant de touristes, notamment auprès de Bariloche. Tout un système transversal de circulation dessert cet espace septentrional, notamment depuis l'entrée en vigueur du Mercosur en 1991. Enfin, d'intéressantes ressources minières sont exploitées. Au pied des Andes, les gisements de gaz et de pétrole de Cartriel relayent vers le río Colorado le site épuisé de Plaza Huincul. La production est évacuée par trois pipelines vers Bahia Blanca et Buenos Aires ; l'électricité, dont le barrage du Chocón, achevé en 1973, permet la production, prend la même destination. Puerto Madryn est le siège d'une très grande usine d'aluminium. Ainsi la Patagonie septentrionale (à laquelle on peut rattacher la basse vallée du Chubut, déjà plus marginale) constitue-t-elle un domaine d'exploitation pour le développement de l'Argentine industrielle pampéenne, expliquant les importants investissements miniers réalisés. La Patagonie a affermi peu à peu sa personnalité régionale et revendiqué les moyens d'entreprendre son équipement, appuyée par Bahia Blanca (284 776 hab. en 2001), dans le cadre de la région d'intervention du Comahué.

Glacier Perito Moreno - crédits : B. Staehli/ Shutterstock

Glacier Perito Moreno

Au sud du río Chubut, en revanche, la Patagonie présente d'immenses zones vides, marquées par l'aridité, le froid et le vent, entre les campements pétroliers et les hangars des vastes mais précaires élevages de moutons. La vie humaine se concentre en quelques points du littoral, dans les ports d'embarquement de la laine et d'abattage du croît du troupeau (Puerto Deseado et San Julián), d'expédition du pétrole brut (Comodoro Rivadavia, 135 000 hab. en 2001) ou du charbon (Río Gallegos, 80 000 hab.) ; tous ces ports sont des points de redistribution des équipements et des approvisionnements en provenance de Buenos Aires et de Bahia Blanca (le plus souvent par la route). Le seul trait important est la présence de gisements pétroliers aux abords du détroit de Magellan (exploré depuis les années 1950). Plus généralement, le sud de la région andine est riche en lignite. Les mines des plateaux fournissent des minerais de fer, de plomb, d'argent, de zinc, de cuivre et d'uranium. La Patagonie méridionale apparaît encore comme une terre lointaine et hostile, un domaine pionnier à l'avenir fragile (tant socialement qu'environnementalement) bien que le gouvernement ait suscité l'implantation d'industries (y compris de haute technologie, comme l'électronique à Ushuaia) et que l'activité touristique s'y développe (glacier Perito Moreno et Ushuaia).[...]

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • : maître assistant des facultés des lettres et sciences humaines, professeur à l'université nationale de Cuyo-Mendoza, Argentine

Classification

Pour citer cet article

Romain GAIGNARD. PATAGONIE [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Média

Glacier Perito Moreno - crédits : B. Staehli/ Shutterstock

Glacier Perito Moreno

Autres références

  • AMÉRIQUE (Structure et milieu) - Géologie

    • Écrit par , , , , , , et
    • 24 158 mots
    • 23 médias
    Au sud de la transversale de Bariloche, les Andes australes de Patagonie incorporent à nouveau des séries ophiolitiques qui arrivent par la zone côtière, tandis qu'un nouveau bassin, dit de Magellan, se développe vers l'est en bordure de la plate-forme patagonne ; en relation avec l'océan Austral, il...
  • ARGENTINE

    • Écrit par , , , , , , et
    • 37 033 mots
    • 18 médias
    Au sud du río Colorado, laPatagonie est loin de présenter la simplicité des lignes et des surfaces qu'on lui prête volontiers. Il est possible cependant de retenir en première analyse l'image d'une mosaïque de hauts plateaux mal ajustés : sur un empilement de couches sédimentaires s'étendent d'amples...
  • BAHÍA BLANCA

    • Écrit par
    • 226 mots
    • 1 média

    Avec 284 776 hab. en 2001, Bahía Blanca est la plus méridionale et la plus récente des grandes villes argentines. Elle s'est développée sur une terrasse marine qui domine de quelques mètres la série de ports spécialisés aménagés au long d'une ria accessible aux navires de fort tonnage. Située à la...

  • CHILI

    • Écrit par , , , , et
    • 19 444 mots
    • 17 médias
    Dans lesAndes de Patagonie, on rencontre trois types de forêt. Sur le versant occidental de la cordillère, la forêt nord-patagonienne est plus pauvre en espèces que la forêt valdivienne, mais elle est moins chétive que la forêt subantarctique, elle aussi sempervirente, qui lui succède vers le sud. Sur...
  • Afficher les 7 références