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OZU YASUJIRO (1903-1963)

Au sein du cinéma japonais, l'œuvre d'Ozu Yasujiro – qui s'étale sur plus de trente ans – est d'une importance considérable. Artisan se conformant à la politique thématique de la Shōchiku (une des compagnies géantes japonaises, à laquelle il restera fidèle toute sa vie), Ozu fit preuve néanmoins d'une telle originalité technique qu'il pose des questions fondamentales au cinéma en tant que dispositif de représentation. Le cinéma d'Ozu est directement le produit du compromis de modernisation engagé par le Japon depuis l'ère Meiji. Tradition et modernité y entretiennent des rapports complexes.

Enfance : la passion du cinéma et l'Occident

Ozu Yasujiro est né à Tōkyō, dans la trentième année de l'ère Meiji. Son origine – il appartient à une famille de commerçants – semble lui tracer sa voie ; mais à Matsuzaka, petite ville située près de Nagoya, où il vécut avec sa mère et ses frères, tandis que son père gérait le commerce à Tōkyō, il découvre le cinéma à l'âge de dix ans. Quand il voit Civilisation de Thomas Ince, il est pris d'une véritable passion : il collectionne les programmes, il écrit aux commentateurs des films muets (Benshi) ; il court à Nagoya voir des films importés d'Europe et des États-Unis. Face à l'imitation généralisée de l'Occident, le cinéma japonais, héritant de pratiques théâtrales fort éloignées du réalisme occidental, semble à l'époque rejeté par Ozu : sa quête de la modernité passe par Griffith, Chaplin, Loyd, Murnau, Sternberg, et surtout Lubitsch dont il aima particulièrement The Marriage Circle (1924).

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Écrit par

  • : maîtrise de droit, université de Paris-I, licenciée de japonais, Institut national des langues et civilisations orientales

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • VOYAGE À TŌKYŌ, film de Yasujiro Ozu

    • Écrit par Michel CHION
    • 954 mots

    En 1953, Yasujiro Ozu (1903-1963) a déjà derrière lui une œuvre importante, muette et parlante ; il a créé un style et formé un univers caractéristique, mais il reste pratiquement inconnu hors de son pays. En Occident notamment, on connaît les films historiques d'Akira Kurosawa (1910-1998)...

  • CINÉMA (Aspects généraux) - Histoire

    • Écrit par Marc CERISUELO, Jean COLLET, Claude-Jean PHILIPPE
    • 21 694 mots
    • 41 médias
    Il a fallu attendre 1978 pour découvrir en France celui qui est avec Mizoguchi et Kurosawa le plus grand cinéaste japonais, Yasujiro Ozu, mort en 1963. Parmi ses cinquante-trois films, nous en connaissons moins d'une dizaine : Gosses de Tōkyō (1932), Voyage à Tōkyō (1953), Fin d'automne...
  • JAPON (Arts et culture) - Le cinéma

    • Écrit par Hubert NIOGRET
    • 5 429 mots
    • 2 médias
    ...non-sens », directement inspirées des modèles américains, apparaît le genre du shomin-geki, consacré à la vie et aux drames du petit peuple, dans lequel Ozu Yazujirō va se révéler très vite un maître majeur (J'ai été diplômé mais...[Daigakuwadetakeredo], 1929 ; Gosses de Tokyo [Umarete...

Voir aussi