OXYUROSE

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Parasitose intestinale très répandue, surtout chez l'enfant, où le taux d'infestation peut atteindre 50 à 60 p. 100 en collectivités scolaires. L'agent pathogène est un petit ver rond (nématode), l'oxyure, Enterobius vermicularis, mesurant 3 à 5 millimètres de longueur pour le mâle, 10 à 12 pour la femelle, avec un diamètre de 0,2 à 0,5 mm. Les vers adultes vivent dans le gros intestin, parfois en quantité très importante. Les femelles fécondées gagnent le rectum, pondent sur la peau de la marge de l'anus, puis meurent. La durée totale du cycle est d'environ vingt et un jours. On ne trouvera donc que rarement les œufs dans les selles, mais on les recherchera par application de cellulose adhésive (Scotch) sur la marge anale ; les vers adultes peuvent être rejetés dans les selles. Les œufs, embryonnés dès la ponte, sont infectieux d'emblée : la contamination se fait, sans hôte intermédiaire, par l'ingestion d'aliments souillés ; l'auto-infestation est très fréquente chez l'enfant qui porte ses doigts à la bouche après s'être gratté la région anale.

Les troubles entraînés par l'oxyurose sont fonction de la quantité de vers présents. Tantôt il n'y a aucun signe, le plus souvent, la symptomatologie est discrète, limitée à un prurit anal à prédominance vespérale, déterminé par la morsure des femelles sur le point de pondre, entraînant des lésions de grattage. Plus rarement, on peut observer chez les petites filles des troubles génitaux (vulvo-vaginite ou métrite, dues à la présence locale des vers), des troubles digestifs (diarrhée, douleurs abdominales, appendicite vermineuse), et même des troubles neuro-psychiques avec modification du caractère (tristesse, irritabilité et, exceptionnellement, crises convulsives et syndromes méningés). Ces complications au niveau du système nerveux reflètent le pouvoir toxique des sécrétions et surtout des excrétions de l'oxyure.

Le traitement de l'oxyurose devra toujours être étendu à l'entourage familial et associé à des mesures d'hygiène corporelle. Le traitement actuel se fait par la prise d'un seul comprimé de flubendazole (Fluvermal), à renouveler trois semaines plus tard.

—  Yves GOLVAN

Écrit par :

  • : professeur à la faculté de médecine de Paris-Saint-Antoine, université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie

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NÉMATHELMINTHES

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Pour citer l’article

Yves GOLVAN, « OXYUROSE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/oxyurose/