ORIBASE (325 env.-403)

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Né dans une famille patricienne de Pergame et venu à Alexandrie apprendre la médecine, Oribase fut appelé en 355 à Constantinople, et devint le médecin de l'empereur Julien l'Apostat qui le nomma questeur de la ville. Exilé par les successeurs de Julien, il dut à sa renommée d'être rappelé dans la capitale où il se consacra alors à la médecine.

Julien, qu'il avait suivi lors de ses campagnes en Gaule, lui avait demandé de réunir les textes médicaux anciens les plus importants. Il se livra donc à un énorme travail de compilation qui lui permit de publier sa Collection médicale (Collectanea artis medicae) en soixante-dix livres, dont la préface rappelle la commande impériale : « Vous me commandâtes de rassembler ce qu'il y a de plus important dans les meilleurs médecins et tout ce qui contribue à atteindre le but de la médecine. Je prendrai uniquement dans les plus excellents médecins. » Les six premiers livres concernaient les boissons, l'alimentation et les exercices ; venaient ensuite des livres consacrés à l'air, aux émissions sanguines, à l'hydrothérapie, à la matière médicale selon le célèbre botaniste grec Dioscoride, aux médicaments, à l'anatomie des glandes salivaires, à la chirurgie, aux abcès, fistules, tumeurs, aux bandages et aux machines, aux organes génitaux, aux ulcères et anthrax, à l'hygiène de la femme, aux enfants.

Cet énorme travail a permis la conservation de textes anciens, souvent rarissimes, accompagnés des commentaires pertinents d'Oribase. Cependant, vingt-cinq livres seulement sont parvenus jusqu'à nous et ont fait l'objet d'une traduction française publiée en 1851.

Pour son fils Eustathios, médecin lui-même, il tira une Sunopsis de sa Collection médicale. Cet abrégé en neuf livres (trois consacrés aux médicaments et traitements, deux à l'hygiène et à l'alimentation, un aux fièvres, un aux affections externes, deux à la pathologie interne) eut un énorme succès, fut traduit en latin dès le viie siècle et largement répandu.

Enfin, il rédigea Les Euporistes ou les Remèdes faciles à trouver (Euporista) dont le but était de permettre au lecteur profane, se trouvant loin de tout médecin, de donner à un malade ou à lui-même « les premiers soins efficaces en cas de maladie légère ou d'accidents imprévus ».

Par l'abondance et la richesse des textes réunis et commentés, par la qualité de ses remarques personnelles, l'œuvre d'Oribase permet de situer la médecine et la chirurgie grecques au ive siècle. Jusqu'au xviie siècle, ces livres furent enseignés à la Faculté de médecine de Paris.

—  Jacqueline BROSSOLLET

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HIPPOCRATE DE COS (-460-env. -370)

  • Écrit par 
  • Jacques JOUANNA
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Dans le chapitre « L'hippocratisme »  : […] Pour le prestige d'Hippocrate pendant l'Antiquité, significatif est le jugement d'Oribase, médecin de l'empereur Julien (ive s. apr. J.-C.) : lorsqu'il rassembla, à la demande de l'empereur, les textes des plus excellents médecins pour faire une encyclopédie médicale, son […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/hippocrate-de-cos/#i_31786

Pour citer l’article

Jacqueline BROSSOLLET, « ORIBASE (325 env.-403) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/oribase/