PAZ OCTAVIO (1914-1998)

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Parmi la pléiade d'auteurs qui, depuis plus d'un demi-siècle, ont fait entendre la voix de l'Amérique latine, Octavio Paz se distingue non seulement par l'abondance et la qualité de son œuvre, mais aussi par l'autorité de sa pensée dans les domaines les plus divers, ainsi que le courage avec lequel il a toujours défendu la liberté et la dignité humaines. L'Académie de Suède lui a décerné le prix Nobel de littérature, le 11 octobre 1990.

« Il y a de la lumière... »

Octavio Paz est né le 31 mars 1914 à Mexico. Son père, avocat et journaliste, avait été, pendant la révolution mexicaine, le conseiller d'Emiliano Zapata, promoteur de la réforme agraire. Sa mère appartenait à une famille andalouse. Après de premières études aux États-Unis, Paz étudie le droit au Mexique. Adolescent, il s'intéresse à la littérature, fonde une revue, publie un premier livre de poèmes, Luna silvestre, devient bientôt le directeur des Cuadernos del Valle de México. En 1937, il publie encore des poèmes, Raíz del hombre (Racine de l'homme) et Bajo tu sombra clara (Sous ton ombre claire). Pendant la guerre civile espagnole (1936-1939), il assiste au Congrès international d'écrivains antifascistes à Madrid. Il y rencontre Pablo Neruda, César Vallejo, Vicente Huidobro, Miguel Hernández, Rafael Alberti, Luis Cernuda. En 1938, il fonde à Mexico la revue Taller, afin de promouvoir un renouveau poétique, et s'engage dans une activité politique.

Octavio Paz

Photographie : Octavio Paz

L'influence du poète mexicain, lauréat du prix Nobel de littérature en 1990, est sensible dans toute l'Amérique latine, mais aussi en Espagne. 

Crédits : Fred R. Conrad/ New York Times Co./ Getty Images

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Lié à Benjamin Péret, Octavio Paz se rapproche du surréalisme, dont il retiendra davantage le projet de « révélation » que celui de « révolution ». Un séjour aux États-Unis lui permet de connaître W. C. Williams, R. Frost, E. E. Cummings, J. Guillén. Il découvre Yeats. Entré dans la diplomatie en 1945, il est secrétaire d'ambassade à Paris de 1946 à 1951. Il y fait la connaissance d'Alejo Carpentier et d'André Breton. El Laberinto de la soledad (Le Labyrinthe de la solitude, 1950), analyse de l'âme mexicaine, obtient un vif succès. Aguila o Sol ? (Aigle ou Soleil ?, 1951) porte la marque du surréalisme dont il va s'écarter. Attiré par l'Orient, dont l'influence sur lui sera profonde, Paz voyage en Inde et au Japon. De retour au Mexique, en 1955, il publie El Arco y la lira (L'Arc et la lyre), essai sur la poésie. Il crée un groupe de théâtre qui jouera sa pièce, La Fille de Rappaccini, tirée d'un conte de Nathaniel Hawthorne. Piedra de sol (Pierre de soleil) paraît en 1957 ; Benjamin Péret en sera le traducteur français. Après un nouveau séjour à Paris de 1959 à 1962, Paz est nommé ambassadeur à New Delhi. L'art, la politique, la philosophie, les religions lui inspirent de nombreux essais. En 1968, il démissionne avec éclat de son poste pour protester contre les massacres d'étudiants à Tlatelolco. Il devient professeur aux États-Unis et en Angleterre. Revenu au Mexique en 1971, il fonde la revue Plural. Chargé des célèbres conférences Charles Eliot Norton à l'université Harvard, il expose la matière de ce qui sera Los Hijos del limo (Point de convergence), touchant l'art poétique. Reconnu comme un maître à penser dans son pays, célèbre à l'étranger, Octavio Paz, après 1971, publie de multiples livres d'essais ou de poésie, et prend part très activement à la vie culturelle ou politique du Mexique. En 1976, il refuse l'ingérence gouvernementale dans la revue Plural, démissionne et fonde peu après une autre revue, Vuelta, où se rassemblent beaucoup d'écrivains anticonformistes, opposés notamment aux dictatures d'Amérique latine.

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  • : professeur émérite des Universités, membre correspondant de la Real Academia Española

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Ce poème d'Octavio Paz (1914-1998), Prix Nobel de littérature en 1990, parut d'abord sous forme de livre en 1957. À la fin de la première édition, on trouve la note suivante : « Sur la page de garde de ce livre apparaît le chiffre 585 transcrit selon le système maya de numération [...]. Il n'est peut-être pas inutile de signaler que ce poème comprend 584 vers de 11 pieds (on ne compte pas les six […] Lire la suite

Pour citer l’article

Bernard SESÉ, « PAZ OCTAVIO - (1914-1998) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/octavio-paz/