No One Gets The Prize, ROSS (Diana)

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Dans les années 1960, la chanteuse américaine Diana Ross (née le 26 mars 1944 à Detroit) accumule les succès discographiques avec son trio vocal The Supremes au sein de l'écurie Tamla Motown, dont elle est le plus beau fleuron en termes de ventes.

Décidant, en 1970, de poursuivre sa carrière en solo, elle va mener en parallèle une activité d'actrice qui aura des conséquences heureuses sur son parcours musical, puisqu'elle interprète souvent des chansons dans des films ; c'est elle qui interprète le rôle de Billie Holiday dans Lady Sings the Blues, de Sidney J. Furie (1972). Jusque-là cantonnée dans une soul music pop un peu guindée qui tient beaucoup du rhythm and blues, Diana Ross prend un tournant disco à partir de 1976, avec son 45-tours Love Hangover.

Mais, si l'album The Boss (1979), dont est extrait No One Gets the Prize, est disque d'or, Diana Ross a du mal à damer le pion aux deux locomotives de la disco américaine, Gloria Gaynor et Donna Summer. Il faudra attendre l'arrivée du producteur, compositeur et guitariste Nile Rodgers, une des têtes pensantes du groupe Chic et futur compagnon musical de Madonna, pour qu'elle obtienne un énorme succès avec son 45-tours Upside Down (1980), qui marque le retour à une musique dansante mais débarrassée de tics trop connotés, par exemple un beat hypertrophié.

Le thème de No One Gets the Prize est banal : deux amies d'enfances se disputent les faveurs d'un nouveau venu. Mais ce titre, excellemment arrangé, illustre la manière dont certains artistes soul ont su tirer parti du disco, en n'en prenant que certaines caractéristiques musicales, qu'ils ont intégrées à leurs œuvres sans fondamentalement altérer leur esthétique propre. Ici, le mixage favorise la grosse caisse sur tous les temps et, sur les temps pairs, la caisse claire, doublée par les fameux claps (claquements de mains) de la boîte à rythmes Roland TR-808. La basse paraît, en quelque sorte, «photocopiée» d'un titre de Chic. Les cuivres sont impeccablement écrits et interprétés. On trouve, au saxophone, Michael Brecker, un des musiciens de studios les plus connus aux États-Unis. La rythmique, très dansante, «tourne» comme une horloge grâce à un agencement précis des motifs joués par les instruments qui la composent. Le morceau est assorti de quelques vibes (improvisations vocales) dans la plus pure tradition de la musique funky, et que l'on retrouve, par exemple, chez Michael Jackson.

—  Eugène LLEDO

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Pour citer l’article

Eugène LLEDO, « No One Gets The Prize, ROSS (Diana) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/no-one-gets-the-prize-ross-diana/