NEW WAVE

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Mouvements musicaux nés à la fin des années 1970, principalement en Grande-Bretagne et aux États-Unis, la new wave et ses déclinaisons – cold wave et gothic rock (ou goth rock : « rock gothique ») – vont prédominer dans les années 1980. Rompant avec l'agressivité et les revendications du punk, ils privilégient l'introspection, la froideur et le minimalisme, tant sur le plan visuel qu'au niveau de l'instrumentation.

Le terme new wave apparaît en Grande-Bretagne vers 1977 pour qualifier un courant musical qui rompt, d'une part, avec l'anarchisme du punk, d'autre part, avec le caractère pompier et technique du rock progressif ou psychédélique des années 1970. On range alors dans cette catégorie new wave l'ensemble des nouveaux artistes qui pratiquent une musique où cohabitent guitares électriques au son tendu et sonorités électroniques, le tout étant accompagné d'une imagerie minimaliste et de textes sombres ou cyniques : Talking Heads, Blondie, Devo, Pere Ubu aux États-Unis ; XTC, The Police, Joe Jackson, Simple Minds, U2 ou The Stranglers en Grande-Bretagne. Si le punk prônait l'absence de technique et de musicalité, la new wave reprend à son compte la simplicité instrumentale – sans toutefois verser dans le chaos sonore –, se tournant même de plus en plus vers les machines, ce qui donnera naissance à la techno pop (ou synth pop), fondée sur une instrumentation entièrement électronique. Influencés par les expérimentations synthétiques de Kraftwerk ou par les premières formations de musique industrielle (Throbbing Gristle, Cabaret Voltaire, Einstürzende Neubauten), des artistes comme Depeche Mode, The Human League, Gary Numan ou Soft Cell allient des mélodies pop accrocheuses à des recherches sonores audacieuses. Dès 1981, des groupes de synth pop à la musique précieuse et aux allures de dandys – Visage, ABC, Spandau Ballet ou Duran Duran –, seront qualifiés de néo-romantiques en raison de leurs chansons délibérément légères et de l'importance accordée à l'image.

La new wave devient alors un terme générique pour désigner la musique créée dans les années 1980 et possédant un son froid, épuré et souvent désenchanté, dominé par le synthétiseur et une basse très en avant. Son versant le plus sombre sera la cold wave, toujours caractérisée par une basse prédominante, une guitare aigrelette et un chant plaintif ou distancié, le tout noyé sous des effets de réverbération* ou de chorus*. Les deux groupes les plus représentatifs de cette mouvance sont les Britanniques The Cure et Joy Division, nés en 1978 sous l'impulsion du punk, mais qui préfèrent au message révolutionnaire de cette tendance une introspection souvent douloureuse et des références littéraires tourmentées (Albert Camus, Lautréamont). Ian Curtis, le chanteur dépressif de Joy Division, se suicidera le 18 mai 1980, faisant naître un véritable culte autour de sa formation, qui deviendra ensuite New Order et œuvrera dans un registre techno pop.

Encore plus sombre, le gothic rock prend son essor au début des années 1980. Tout part de la Batcave, club londonien où jouent des groupes influencés par le glam* rock et le punk, dans une atmosphère de films d'horreur et d'expressionnisme, comme en témoigne le morceau Bela Lugosi's Dead (1979) de Bauhaus. Réunis sous l'appellation générique de batcave, Alien Sex Fiend ou The Specimen ouvrent la voie pour Siouxsie And The Banshees, Sisters Of Mercy et Fields Of The Nephilim. Les rythmes s'alourdissent, le son s'étoffe, le chant se fait plus grave et plus lyrique ; les thèmes abordés se situent du côté de l'onirisme et du mysticisme. Le pendant américain du gothic rock sera le death rock, né à Los Angeles en pleine explosion punk et popularisé par le sulfureux groupe Christian Death et ses nombreux émules : Mephisto Walz, Shadow Project, Gitane Demone, Faith And The Muse...

Si la synth pop a indéniablement influencé la techno dans son ensemble, des sonorités new wave, cold wave, gothic resurgiront dans la pop des années 1990 (Pulp, Garbage), le trip hop (Massive Attack, Tricky) et une partie du metal (Paradise Lost, Moonspell).

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Pour citer l’article

Christophe LORENTZ, « NEW WAVE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/new-wave/