DARC DANIEL (1959-2013)

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L'émergence de la new wave française au début des années 1980 doit beaucoup au groupe Taxi Girl et à son auteur-chanteur Daniel Darc. Malgré une carrière chaotique et un côté autodestructeur, cet écorché vif a marqué la scène rock française de son univers sombre, poétique et sans concession.

Daniel Rozoum, dit Daniel Darc, naît à Paris le 20 mai 1959. Adolescent, il découvre le rock and roll d'Elvis Presley et de Gene Vincent, puis le courant punk avec les Sex Pistols et Iggy and the Stooges. Il lit également beaucoup : Jean Genet, Céline, Francis Scott Fitzgerald et les écrivains de la beat generation. En 1978, alors qu’il est élève au lycée Balzac à Paris, il devient le chanteur du groupe Taxi Girl, tout juste formé par quatre amis : Mirwais Stass (guitariste – qui connaîtra par la suite une carrière de producteur), Laurent Sinclair (claviers), Stéphane Erard (bassiste) et Pierre Wolfsohn (batteur). Influencé par le rock « littéraire » des Doors et de Patti Smith, par la musique électronique du groupe allemand Kraftwerk et par l'esthétique punk, le jeune quintette parisien connaît rapidement le succès grâce à ses deux premiers titres : Mannequin et surtout Cherchez le garçon, vendu à plus de 300 000 exemplaires en 1980. Le groupe impressionne par la puissance nerveuse mais contenue de sa musique et ses prestations scéniques déroutantes – Daniel Darc allant jusqu'à s'ouvrir les veines sur la scène du Palace en première partie des Talking Heads. En 1982, après le départ du bassiste et la mort par overdose du batteur, Taxi Girl sort Seppuku, son premier et unique album. Mais le succès n'est pas au rendez-vous. Après quelques titres comme Quelqu'un comme toi et Aussi belle qu'une balle, le groupe se sépare en 1986.

Daniel Darc commence alors une carrière en solo, entrecoupée de nombreuses périodes d'errance dues à ses dépendances à l’héroïne et à l'alcool. Son premier album, Sous Influence divine, est produit par Jacno et paraît en 1987. L'année suivante, sortent La Ville, un morceau écrit par Étienne Daho, puis l'album Parce que. Il s'essaie également à l'écriture, publiant quelques nouvelles, dont Ombremort (1998), et traduisant le romancier américain William Burroughs.

En 2004, Crève cœur vaut à Daniel Darc un retour en grâce inespéré. Cet album, composé et produit par Frédérique Lo, contient des arrangements subtils servant des textes noirs mais aussi sensibles et pleins de ferveur. S'attirant les louanges de la presse et du public, Daniel Darc se produit en tournée et collabore avec d'autres artistes, notamment avec Alain Bashung sur son album Amours suprêmes (2007). Suivront encore La Taille de mon âme (2011) et Chapelle Sixteen, sorti peu après le décès du chanteur survenu le 28 février 2013 à Paris.

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« DARC DANIEL - (1959-2013) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/daniel-darc/