MYRIAPODES

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Les Myriapodes sont des Arthropodes terrestres antennifères (une paire d'antennes) et mandibulates possédant un grand nombre d'anneaux pédifères (plus de trois) groupés deux à deux d'une manière plus ou moins apparente (diplopodie).

Le terme fut créé par Pierre André Latreille (1796) pour la « légion » des Myriapodes, mais ce n'est qu'en 1814 que W. Leach élève les Myriapoda au rang de classe, au même niveau que les Crustacés, les Arachnides et les Insectes.

La plupart des auteurs modernes ont prétendu qu'à l'intérieur de la classe des Myriapodes il n'y avait aucune parenté étroite entre les quatre composants qui sont les ordres des Diplopodes, des Symphyles, des Pauropodes et des Chilopodes. Ils ont mis en doute la validité de ce grand groupe, considéré par eux comme non naturel, et ont élevé les quatre ordres au rang de classes, regroupées en deux séries phylétiques suivant que les gonoductes débouchent en avant du corps (progonéates) ou en arrière (opisthogonéates).

On sait aujourd'hui que la position progonéate du gonopore est secondaire, au moins chez les Symphyles : Hanseniella agilis est d'abord opisthogonéate, puis devient progonéate par développement de gonoductes d'origine ectodermique. Cette position du gonopore serait une adaptation secondaire à l'anamorphose (Tiegs) ; elle n'aurait donc pas de valeur phylétique.

À la lumière de travaux morphologiques récents qui ont mis en évidence un caractère commun à toute la classe des Myriapodes, à savoir la diplopodie, on peut affirmer que l'hétérogénéité de cette classe est plus apparente que réelle.

Caractères généraux

La diplopodie est une forme de métamérie caractérisée par la présence, plus ou moins apparente, de groupements des métamères par deux. Chacun de ces groupements, appelés diplosegments, porte dans le cas le plus simple, celui des Diplopodes, deux paires de pattes. Chez les Chilopodes, dont les anneaux ont une seule paire d'appendices, la structure bimétamérique, extérieurement inapparente, reste profonde et groupe ces anneaux par deux. La diplopodie est l'unité articulaire du corps des Myriapodes.

Diplopode : diplosegment

Dessin : Diplopode : diplosegment

Diplosegment de Diplopode 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Lithobius

Dessin : Lithobius

Segments 10 et 11 de Lithobius 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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La séparation entre thorax et abdomen est indistincte sauf chez les Diplopodes, dont on considère comme thoraciques les quatre premiers diplosegments, apparemment simples puisque ne portant qu'une seule paire de pattes ; leur métamère postérieur est considérablement réduit (pas d'appendices). Cette réduction en volume se retrouve tout le long du corps chez les Chilopodes, mais généralement sans disparition des appendices ; les segments macrotergaux, plus grands, et les segments microtergaux, plus petits, alternent régulièrement. Les séquences bisegmentaires des Chilopodes avec un métamère macrotergal antérieur et un métamère microtergal postérieur sont comparables aux diplosegments des Diplopodes.

La diplopodie résulte-t-elle de l'association de simples segments par groupes de deux ou, au contraire, dérive-t-elle d'une fragmentation particulière du corps ? Les travaux embryologiques de Pflugfelder sur Platyrrhacus amauros sont en faveur de la seconde explication. La segmentation du tronc se conçoit comme une fragmentation en macrosomite de premier ordre, puis en macrosomite de deuxième ordre, puis de troisième ordre (diplosegments), enfin en microsomites ou segments simples. La morphologie confirme ce processus si l'on admet que chaque macrosomite garde une autonomie dans son potentiel de fragmentation et par conséquent de réduction métamérique en volume et en nombre. Ces phénomènes aident à comprendre la réduction segmentaire localisée dans le thorax des Diplopodes (quatre diplosegments, donc quatre macrosomites de troisième ordre), celle constatée tout le long du corps des Chilopodes (métamère postérieur réduit de chaque unité bisegmentaire) et l'absence complète, ou quasi complète, du huitième métamère pédifère des Chilopodes (il n'y a pas d'appendices ; réduction de l'extrémité d'un macrosomite de premier ordre qui est égale à huit microsomites). Toutes les « anomalies » de segmentation des Myriapodes peuvent ainsi être expliquées.

La notion de réduction métamérique en volume, entraînant une réduction en nombre, amène tout naturellement à évoquer ces problèmes du point de vue évolutif. Il existe deux principes évolutifs, dits de contraction (Brölemann) et d'élongation (Verhoeff), suivant que l'on [...]

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Diplopode : diplosegment

Diplopode : diplosegment
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Lithobius

Lithobius
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Diplopode : gonopodes

Diplopode : gonopodes
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Locomotion des Myriapodes

Locomotion des Myriapodes
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Écrit par :

  • : sous-directeur du laboratoire de zoologie au Muséum national d'histoire naturelle

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Pour citer l’article

Jean-Marie DEMANGE, « MYRIAPODES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/myriapodes/