BERNE MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE

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Le musée des Beaux-Arts de Berne doit sa réputation mondiale à la fondation Paul Klee ainsi qu'à la fondation Rupf qu'il abrite officiellement depuis 1952 et 1962.

Ces éléments ont précipité l'évolution d'un musée à caractère cantonal et national vers une institution de classe internationale. Ouvert en 1879 sur l'initiative de la Société bernoise d'art animée par le collectionneur Sigmund Wagner, le musée – institution placée sous l'égide du gouvernement bernois et réunissant le canton, la ville, les bourgeois de Berne et la Société bernoise d'art – présentait à l'origine les collections, réunies depuis 1849, de l'État de Berne (essentiellement des prises de guerre et des trésors d'Église réunis au hasard des événements politiques) et celles, plus picturales, de la Société des artistes créée en 1813. L'enrichissement régulier des collections conduisit à un premier agrandissement du musée en 1936, pour l'inauguration duquel le Canton offrit un Paysage méridional de Bonnard, première œuvre d'art européen qui entrait au musée, heureux présage pour une collection qui allait affirmer son caractère international.

Les responsables successifs eurent à cœur de développer les collections selon trois axes : présenter de façon exhaustive l'art bernois depuis le xve siècle – plusieurs retables viennent entourer les œuvres de Niklaus Manuel Deutsch (1484-1530), peintre et humaniste bernois ; les œuvres de Joseph Plepp (1595-1642), Joseph Werner (1637-1710), Caspar Wolff (1735-1783) sont redécouvertes –, constituer une collection suisse des xixe et xxe siècles (ensembles importants de Hodler, Amiet, Anker...) et présenter l'art moderne de Delacroix à nos jours. Des achats vinrent délibérément compléter les œuvres reçues des collectionneurs privés sous forme de legs, donations et fondations.

La Nuit, F. Hodler

Diaporama : La Nuit, F. Hodler

Ferdinand Hodler, La Nuit.1890. Huile sur toile. 116 cm X 239 cm. Kunstmuseum, Berne, Suisse. 

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La plus importante de ces dernières est la fondation Paul Klee qui présente une collection unique au monde de cet artiste ; né dans les environs de Berne en 1879, il quitta sa chaire à l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf pour fuir le nazisme et s'établir à Berne en 1933. Le musée, qui dès 1956 organisa sous l'égide du professeur Max Huggler une rétrospective de 756 œuvres, possède plus de 2 500 œuvres originales de l'artiste (42 tableaux, 2 250 dessins, la quasi-totalité de ses sculptures) ainsi que son journal, ses poèmes et l'ensemble du matériel pédagogique qui lui servit au Bauhaus. L'importance de ce fonds, auquel il est prévu de consacrer un bâtiment spécifique, suscita l'acquisition d'œuvres susceptibles de lui faire écho (Cézanne, Chagall, Delacroix, Courbet, Manet, Sisley, Poliakoff).

Rayé de la liste, P. Klee

Photographie : Rayé de la liste, P. Klee

En 1933, le nazisme contraint Paul Klee à quitter définitivement l'Allemagne et à regagner la Suisse. Jusqu'à la mort du peintre, en 1940, nombre d'œuvres garderont trace de cette sombre période. Paul Klee, Rayé de la liste. Huile sur papier sur carton, 31,5 cm × 24 cm. Centre... 

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En 1962 fut déposée au musée une collection particulière à l'envergure plus modeste mais dont l'intérêt est certain : la fondation Margrit et Hermann Rupf qui est la première collection cubiste, élaborée dès 1907 à partir de l'achat annuel d'une œuvre ; les 64 tableaux, 18 sculptures (9 de Henri Laurens, 4 de Manolo), la trentaine d'aquarelles et de dessins, les 200 estampes et les quelque 50 livres pour bibliophiles permettent de suivre pas à pas la genèse du cubisme de Picasso, Braque, Gris (14 œuvres), Léger et de leurs successeurs. Des ensembles de Derain, Masson, Klee, Kandinsky méritent également l'attention. Des fonds alloués par les donateurs permirent l'acquisition ultérieure d'œuvres de Kandinsky, du groupe Zéro, de Meret Oppenheim, Otto Tschumi ainsi que d'artistes américains (dont la première œuvre à entrer au musée fut Spring Earth de Mark Tobey) et de Beuys.

Un autre élément substantiel du musée est constitué par le legs de F.G. Keller (1899-1981), révélé au public en 1998 et qui comprend une centaine d'œuvres pour la plupart prêtées au musée pendant trente-cinq ans sous couvert d'anonymat et complétées par des achats récents rendus possibles par les fonds joints au legs (Delaunay, Giacometti, Masson, Picabia, Rodin, Matisse, Picasso). Des ensembles de Dalí (24 œuvres), Matisse (10), Soutine (5), de La Fresnaye (5), Picasso (4) et Renoir (4), se détachent, constituant des accents essentiels dans la collection du musée ; celui-ci a été agrandi en 1983, précisément afin [...]

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Daniel HARTMANN, « BERNE MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/musee-des-beaux-arts-de-berne/